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Prévention sanitaire : Les autorités misent sur une approche multisectorielle

Prévention sanitaire : Les autorités misent sur une approche multisectorielle

​Le ministère de la Santé accélère la mise en œuvre de sa stratégie préventive. Une réunion de coordination, tenue mardi dernier, a tracé les contours d’une feuille de route axée sur la vigilance épidémiologique et la transversalité des interventions.

​Face à l’évolution des défis sanitaires, l’heure est à la mutualisation des efforts. Sur instruction du ministre de la Santé, le Pr Mohamed Seddik Aït Messaoudène, la Direction générale de la prévention et de la promotion de la santé a réuni, mardi 12 mai, les représentants de divers secteurs névralgiques. L’objectif est clair : briser les silos administratifs pour bâtir une riposte cohérente contre les maladies transmissibles et chroniques.

Vigilance accrue et état des lieux

​Au cœur des débats, l’urgence de renforcer la vigilance sanitaire. Qu’il s’agisse des zoonoses (maladies transmises par l’animal), du paludisme ou des pathologies liées à la dégradation de l’environnement, le constat reste le même : la réactivité dépend de la qualité de la surveillance. Un état des lieux exhaustif de la situation épidémiologique nationale a permis de mesurer le chemin parcouru, mais aussi d’identifier les lacunes du plan d’action actuel.

​Le curseur a également été placé sur le fardeau croissant des maladies non transmissibles (MNT). Les cancers, les affections respiratoires et les pathologies cardiovasculaires ne sont plus une fatalité médicale, mais un enjeu de gestion publique nécessitant une prise en charge précoce et coordonnée.

Pour un mécanisme permanent de concertation

​L’un des points d’orgue de cette rencontre réside dans la volonté d’institutionnaliser l’échange d’informations. Les participants ont plaidé pour la création d’un mécanisme permanent de concertation.

​«L’amélioration du partage des données sanitaires, environnementales et épidémiologiques est la condition sine qua non d’une détection rapide des risques », a-t-on souligné lors des interventions.

​Il ne s’agit plus seulement de traiter la maladie, mais d’anticiper la menace par une lecture croisée des indicateurs provenant de différents horizons ministériels.

L’approche « One Health » : Un impératif

​La promotion du concept « One Health » (Une seule santé) a dominé les échanges. Cette vision holistique reconnaît l’interdépendance étroite entre la santé humaine, la santé animale et l’équilibre des écosystèmes. Pour les autorités, cette coopération renforcée est le seul levier efficace pour prévenir les crises sanitaires de demain.

​Sur le plan social, l’accent a été mis sur la sensibilisation. Écoles, médias et tissu associatif sont appelés à devenir des relais actifs pour modifier les comportements de masse. La lutte contre les facteurs de risque — tabagisme, sédentarité et mauvaise alimentation — est désormais perçue comme un investissement sur le long terme pour la sécurité sanitaire nationale.

​En misant sur cette architecture multisectorielle, les pouvoirs publics espèrent non seulement stabiliser les indicateurs épidémiologiques, mais surtout garantir la pérennité d’un système de santé capable de réagir en temps réel aux alertes précoces.

Rania N.

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