À l’occasion de la Journée mondiale de la sclérose en plaques (SEP), le professeur Nassima Hecham, cheffe du service de neurologie au CHU d’Oran, a livré un message fort : grâce aux avancées thérapeutiques récentes, cette maladie chronique du système nerveux central peut désormais être mieux contrôlée, voire neutralisée sur le long terme.
Intervenant lors d’un media training organisé par les laboratoires Roche Algérie, la spécialiste a souligné que la prise en charge de la SEP connaît une véritable révolution, tant sur le plan médical que dans ses retombées sur la vie des patients.
Une maladie encore mal connue
Souvent diagnostiquée entre 20 et 40 ans, la sclérose en plaques est une maladie auto-immune qui perturbe la communication entre le cerveau et le reste du corps. Elle peut entraîner des troubles moteurs, cognitifs, visuels, mais aussi des conséquences lourdes sur la vie quotidienne.
«La SEP a un impact majeur non seulement sur la santé physique, mais aussi sur la vie sociale et professionnelle des patients», explique le Pr Hecham. Perte d’autonomie, invalidité, difficultés à conserver un emploi : la maladie dépasse largement le cadre médical.
De nouveaux traitements plus efficaces
Ces dernières années, la neurologie a fait un bond en avant. «Le profil évolutif de la SEP a changé. On est passé de traitements dits de moyenne efficacité à des thérapies de haute efficacité, capables de ralentir la progression du handicap et d’agir à la fois sur les symptômes moteurs et cognitifs», précise la spécialiste.
Ces traitements sont administrés à l’hôpital, souvent sous forme de perfusions espacées. «Le patient n’a plus besoin de traitement entre deux cures, ce qui allège considérablement son quotidien», ajoute-t-elle.
Une prise en charge plus espacée, mais durable
Parmi les approches les plus prometteuses figure la reconstitution immunitaire, une innovation qui change la donne : une cure de cinq jours la première année, une autre l’année suivante, puis plus aucun traitement pendant 10 à 20 ans.
«C’est une révolution. Le patient peut rester en rémission complète, libéré à la fois de la maladie et de la contrainte du traitement quotidien », souligne le Pr Hecham.
Une guérison fonctionnelle désormais envisageable
Si la guérison totale reste hors de portée, l’idée de guérison fonctionnelle s’impose peu à peu. « Lorsqu’un patient ne présente plus de symptômes pendant plusieurs décennies, sans progression de la maladie, il peut mener une vie normale, sans dépendance, pleinement inséré dans la société », affirme la neurologue.
Un nouvel espoir pour des milliers d’Algériens
En conclusion, le Pr Hecham se veut optimiste : « Aujourd’hui, grâce aux thérapies innovantes, la SEP ne signifie plus forcément invalidité. C’est une réelle avancée pour les patients, et une source d’espoir pour les familles ».
