Dans le 6e épisode du podcast Santé Pour Tous, Samia Zekri, spécialiste en médecine interne, vice présidente de la Société algérienne d’obésité et des maladies métaboliques, experte au ministère de la Santé et pionnière dans le domaine des maladies métaboliques, propose des solutions pour une meilleure prise en charge de l’obésité.
Classée par l’OMS comme maladie chronique, l’obésité est responsable d’autres pathologies et peut même entraîner la mortalité subite. Selon les chiffres de l’enquête step wise-l’OMS de 2017, 22 % de la population algérienne âgée de 18 à 69 ans est obèse, dont 30 % de femmes et 14% d’hommes.
Une enquête menée par l’Institut National de Santé Publique (INSP) dans la wilaya d’Alger dévoile que plus de 13,4 % des enfants âgés de 5 à 11 ans sont obèses.
«Notre pays est directement concerné, et les spécialistes sont alarmés. Cela fait trois ans que nous tentons d’alerter les autorités sanitaires», indique Samia Zekri.
L’invitée de Djamila Kourta explique qu’il existe trois stades de l’obésité : modéré, sévère et morbide. Ce dernier stade est automatiquement associé à d’autres maladies. «Quand on est obèse, on est exposé à une constellation de pathologies, en particulier le diabète, qui a un lien direct. Il y aussi l’hypertension artérielle, les maladies cardiovasculaires, dont les AVC et les infarctus du myocarde. Vous avez sans doute remarqué que ces pathologies, qui entraînent la mort prématurée, se manifestent souvent sous forme de morts subites, en particulier chez les jeunes.», affirme la spécialiste.
Outre les maladies et la mortalité, l’obésité a un impact social. Les personnes obèses sont souvent marginalisées et stigmatisées, en particulier dans le monde du travail, ajoute-t-elle.
Sur le plan économique, l’obésité entraîne des coûts considérables liés à sa prise en charge, ainsi qu’à celle des maladies et complications qu’elle engendre, telles que le diabète et ses complications, les maladies cardiovasculaires, les cancers, etc.
Comment prévenir et réduire la prévalence ?
Pour prévenir l’obésité et en réduire la prévalence, il est essentiel de surveiller de près l’indice de masse corporelle (IMC), en particulier le surpoids, qui est plus facile à corriger que l’obésité, recommande Samia Zekri. Elle souligne également l’importance d’agir rapidement dans les centres de proximité afin d’identifier les personnes à risque dès le plus jeune âge.
Elle plaide pour une prise en charge multidisciplinaires, la création de consultations spécialisées, la mise en place d’unités de recherche et d’éducation thérapeutique, qui permettront de sensibiliser et d’accompagner les individus vers un mode de vie plus sain.
Plein de recommandations de cette pionnière en éducation thérapeutique que vous retrouverez dans ce numéro de Santé Pour Tous avec Djamila Kourta, directrice de TDMsanteinov.
Yamina Baïr
