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Pied diabétique : L’importance d’une stratégie de prévention pour réduire la morbidité et les coûts

Le pied diabétique est l’une des complications graves du diabète, entrainant parfois l’amputation. Ces infections des plaies du pied chez le patient diabétique représentent un problème de santé publique dans le monde et en Algérie : elles engendrent de lourdes conséquences socio-économiques.

Pr Samir Aouiche, spécialiste en diabétologie et endocrinologie au CHU Mustapha Bacha, estime que le problème majeur est la prévalence qui est très élevée. « On estime que 15 à 20% des patients diabétiques développent un problème de pied. Sur le plan de la gravité, plus de 50% des patients diabétiques subiront une surinfection, et 50 à 80% parmi ces derniers représentent un risque d’amputation », indique-t-il.

Les patients âgés de plus de 50 ans sont plus susceptibles de faire des infections du pied. Les hommes sont plus touchés que les femmes, avec un ratio de cinq hommes pour une femme, selon Pr Aouiche. Elles sont liées à plusieurs facteurs de risques, dont certains sont associés au diabète d’une manière directe et d’autres indirecte.

Pr Aouiche cite, notamment, un antécédent d’ulcère du pied, un diabète déséquilibré, la durée de la maladie, le tabagisme et des complications liées au diabète comme la rétinopathie et les maladies rénales chroniques.

L’importance de l’éducation thérapeutique

L’amputation entraine des conséquences graves d’ordre physique et psychologique : «lorsque quelqu’un est amputé, c’est tout le schéma corporel qui est atteint et cela augmente le risque de dépression de 30 à 40%», ajoute Pr Samir Aouiche.

Sur le plan économique, la prise en charge d’un patient diabétique souffrant du pied diabétique engendre des coûts importants. En Algérie, il n’y a encore aucune donnée publiée concernant les coûts et le nombre de patients qui font ces complications. Mais, dans d’autres pays, les coûts sont très élevés : «Aux Etats-Unis, la prise en charge du pied diabétique coûte l’équivalent du salaire annuel d’une infirmière», ajoute Pr Aouiche.

Soulignant l’importance d’établir un état des lieux, il a indiqué qu’une étude, en collaboration entre médecins et pharmaciens, est en cours visant à évaluer les coûts de la prise en charge de cette complication chez les patients hospitalisés.

Cette étude vise également, selon lui, à évaluer l’importance de la prévention basée sur l’éducation thérapeutique. D’ailleurs, « l’éducation thérapeutique prend une place très importante car elle réduit le risque d’infection du pied de 50 à 80% », estime-t-il.

Il souligne que le patient diabétique doit obligatoirement bénéficier d’une éducation thérapeutique et d’un examen des pieds lors de la consultation chez le médecin traitant.  Il explique que cette éducation thérapeutique inclut 12 conseils que le patient doit impérativement suivre pour s’auto-dépister et consulter en cas d’anomalie, dont le premier consiste à inspecter ses pieds au quotidien.

Yamina Baïr 

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