Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Fayçal Ben Taleb, a présenté ce lundi un projet de loi devant le Conseil de la nation, visant à prolonger le congé de maternité pour les femmes ayant donné naissance à un enfant porteur de handicap, atteint de malformation congénitale ou souffrant d’une pathologie grave nécessitant un suivi médical rapproché.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité des engagements du président de la République en faveur des droits sociaux et de l’inclusion. «Ce projet de loi vise à accompagner les situations de grande vulnérabilité et à soutenir les mères confrontées à des défis médicaux complexes dès la naissance de leur enfant», a souligné le ministre.
Plus qu’une réforme administrative, cette mesure porte une forte dimension humaine. Elle ambitionne de mieux concilier vie professionnelle et responsabilité parentale, tout en valorisant le rôle central des femmes dans la société.
Un système de protection sociale renforcé
Fayçal Ben Taleb a rappelé que la législation algérienne prévoit déjà une indemnisation intégrale du congé maternité à hauteur de 100 % du salaire, une couverture bien plus favorable que celle pratiquée dans de nombreux pays.
À cela s’ajoute la prise en charge des frais médicaux, des médicaments liés à la grossesse et l’octroi d’heures d’allaitement rémunérées pour les mères salariées.
Dans une logique de renforcement du service public, l’État a signé des conventions avec des cliniques spécialisées en obstétrique dans le cadre du tiers payant.
Une plateforme numérique dédiée à la gestion du congé maternité a également été lancée pour faciliter les démarches administratives et les relations contractuelles entre les assurées sociales et les établissements de santé partenaires.
Une dynamique en chiffres
Entre 2013 et 2024, le nombre de bénéficiaires du congé maternité est passé de 94 000 à 131 000 femmes. Une évolution qui s’est traduite par un triplement des dépenses, passées de 9,8 milliards à 26,5 milliards de dinars, selon les chiffres officiels.
Un accueil favorable au Sénat
La commission de la santé, des affaires sociales, du travail et de la solidarité nationale du Conseil de la nation a salué cette réforme, la qualifiant de «pas important» vers une meilleure équité sociale et une amélioration concrète des droits des femmes salariées.
Rania N.
