Le mouvement de grève nationale de deux jours annoncé par le Syndicat national autonome des auxiliaires médicaux en anesthésie et réanimation de santé publique (SNAAMARSP) n’a finalement pas été observé.
Saisi en référé par le ministère de la Santé, le tribunal administratif de Blida a ordonné la suspension du débrayage, poussant l’organisation syndicale à se conformer à la décision judiciaire tout en maintenant l’ensemble de ses revendications.
Dans un communiqué rendu public lundi, le ministère de la Santé a indiqué avoir obtenu une ordonnance en référé suspendant immédiatement le mouvement de protestation prévu les 2 et 3 juin. Selon la tutelle, cette décision de justice reste applicable jusqu’au règlement définitif du litige sur le fond.
Le ministère a appelé l’ensemble des auxiliaires médicaux en anesthésie et réanimation à poursuivre normalement leurs activités afin de garantir la continuité des soins et la prise en charge des patients au sein des établissements de santé.
Le syndicat suspend la grève mais maintient ses revendications
La réaction du SNAAMARSP n’a pas tardé. Dans un communiqué diffusé le même jour, le Bureau national du syndicat, dirigé par Mohamed Amine Bendali, a annoncé la suspension du mouvement, affirmant son « respect total et absolu des décisions de justice ».
Le syndicat a ainsi donné instruction à l’ensemble de ses sections locales de mettre fin au mot d’ordre de grève dans les hôpitaux du pays.
Tout en saluant la mobilisation et la discipline de ses adhérents, l’organisation a rappelé que des dispositions avaient déjà été prises pour assurer la continuité des services d’urgence et du service minimum au niveau des blocs opératoires. Pour le SNAAMARSP, cette suspension constitue une obligation découlant de la procédure judiciaire et ne saurait être interprétée comme un abandon de ses revendications.
Un appel à la médiation pour sortir de l’impasse
À la suite de cette décision, le syndicat réclame désormais l’activation des mécanismes de médiation prévus par la loi n°23-08 relative à la prévention et au règlement des conflits collectifs de travail ainsi que par le décret exécutif n°23-363 du 17 octobre 2023.
Le SNAAMARSP demande la désignation d’un médiateur indépendant et compétent afin de faciliter le règlement d’un différend qui, selon lui, perdure depuis plusieurs années sans avancées significatives.
Cette requête intervient après l’échec de la réunion de conciliation tenue le 24 mai dernier entre les représentants du ministère de la Santé et ceux du syndicat. Malgré l’absence d’accord, la tutelle assure que le dialogue reste ouvert tout en soulignant la nécessité de préserver le bon fonctionnement des structures sanitaires.
La révision du statut particulier au centre des revendications
Au cœur du conflit figurent plusieurs revendications professionnelles portées depuis plusieurs mois par les auxiliaires médicaux en anesthésie et réanimation.
Le syndicat dénonce notamment une insuffisante prise en compte de cette catégorie professionnelle lors de l’élaboration des textes réglementaires encadrant l’exercice de la profession. Il réclame la révision du statut particulier, la valorisation des diplômes et de l’expérience acquise sur le terrain, l’amélioration des perspectives de promotion et d’accès aux postes de responsabilité, ainsi qu’un renforcement de la protection juridique des professionnels exerçant dans les blocs opératoires.
Les représentants de la profession insistent également sur la nécessité de mieux reconnaître les risques spécifiques liés aux activités d’anesthésie et de réanimation, parmi les plus exigeantes et sensibles du secteur de la santé.
Dans l’attente d’une réponse officielle de la tutelle accompagnée d’engagements concrets et d’un calendrier de mise en œuvre, le SNAAMARSP affirme rester mobilisé et se réserve le droit de recourir à l’ensemble des voies légales pour défendre les intérêts de la profession.
Rania.N
