Chaque été en Algérie, les services de santé et de secours tirent la sonnette d’alarme. Si les intoxications alimentaires estivales restent un danger bien connu, deux autres fléaux continuent de tuer massivement : les noyades et les accidents de la route. L’été 2025 confirme une tendance dramatique, avec des bilans qui ne cessent de s’alourdir.
Noyades : un bilan macabre sur les plages
C’est une véritable hécatombe. Depuis le début de la saison estivale, la mer a emporté des dizaines de vies. Le dernier communiqué de la Protection civile est sans appel : au cours des dernières 24 heures seulement, 1 626 interventions ont été effectuées sur les plages algériennes, permettant de secourir 1179 personnes. Quatre estivants ont perdu la vie.
Le bilan cumulé est effrayant : entre le 1er juin et le 19 juillet, 112 personnes ont perdu la vie par noyade à travers le territoire national. Parmi ces victimes 75 personnes se sont noyées sur les plages et 37 autres dans des plans d’eau à travers le pays.
Parmi elles, 36 décès ont été enregistrés sur des plages interdites à la baignade, 35 sur des plages surveillées, dont 19 en dehors des heures de surveillance.
La semaine du 20 au 26 juillet a poursuivi cette série noire, avec 6 895 interventions et 4 961 baigneurs secourus. Dix-sept personnes sont mortes en mer et deux dans des réserves d’eau. Les autorités pointent des causes récurrentes : imprudence, baignade dans des zones interdites, non-respect des consignes de sécurité et sous-estimation de la force de la mer, surtout lors des périodes de vagues hautes pouvant atteindre 1,5 mètre.
Accidents de la route : l’autre tueur silencieux de l’été
Parallèlement, les routes algériennes continuent de se transformer en pièges mortels. Chaque semaine, la Gendarmerie nationale et la Protection civile publient des bilans alarmants : excès de vitesse, dépassements dangereux, fatigue et conduite sous l’emprise de substances font grimper le nombre de morts et de blessés.
Du 1er au 7 août 2025, 56 personnes ont perdu la vie et 2 158 autres ont été blessées dans 1 757 accidents enregistrés à travers le pays.
L’été, marqué par un trafic plus dense vers les zones côtières et les villes touristiques, voit le risque d’accidents exploser.
Les jeunes conducteurs, souvent au volant de véhicules puissants et mal entretenus, sont particulièrement impliqués dans ces drames.
Les chiffres les plus récents donnent froid au dos : du 1ᵉʳ au 7 août 2025, 56 personnes ont perdu la vie et 2 158 autres ont été blessées dans 1757 accidents enregistrés à travers le pays.
En seulement 24 heures, la Protection civile a signalé 258 accidents, causant 8 morts et 342 blessés. Ces statistiques ne sont pas de simples données : ce sont des vies fauchées, des familles brisées et des destins interrompus. Les autorités rappellent que la sécurité routière est une responsabilité collective qui commence par la vigilance et le respect du code de la route.
Un triple danger estival
Ces chiffres rappellent que l’été n’est pas seulement synonyme de vacances et de loisirs.
Les intoxications alimentaires dues aux repas pris à l’extérieur ou aux produits mal conservés, les noyades provoquées par l’imprudence et les accidents routiers liés au relâchement et à la surcharge des routes forment un triptyque meurtrier.
- Les autorités sanitaires et sécuritaires exhortent à une vigilance accrue
- Respecter strictement les consignes des maîtres-nageurs.
- Éviter les plages interdites à la baignade.
- Adopter une conduite prudente et reposée.
- S’hydrater correctement et veiller à la conservation des aliments.
Chaque été, ces gestes simples pourraient sauver des dizaines, voire des centaines de vies. Mais les bilans, année après année, montrent que le message peine encore à passer.
Rania N.
