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anticoagulant

Faux Sintrom à Tizi Ouzou : les autorités sanitaires tempèrent l’alerte

L’alerte lancée par la direction de la santé et de la population de la wilaya de Tizi Ouzou, au sujet d’un médicament anti coagulant, anti vitamine K oral  jugé « falsifié » et relayé par les réseaux sociaux, a surpris plus d’un.

La DSP affirme avoir reçu des informations faisant état d’une circulation suspecte d’un lot de faux Sintrom 4 mg, susceptible de représenter un danger grave pour la santé des patients.

Une information qui a semé inquiétude et panique au sein de la population d’autant que l’alerte de sécurité des médicaments est habituellement assurée par les services de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques chargé de la surveillance des médicaments en, collaboration avec le centre de pharmacovigilance qui collecte et analyse les informations sur les effets indésirables.

Selon le communiqué de la DSP le médicament en question qui a fait objet d’une information virale sur les réseaux sociaux est « falsifié ».

Qu’est-ce -qu’un médicament falsifié ?

Selon la définition de l’organisation mondiale de la santé, il s’agit d’un produit « qui ne respecte pas les bonnes pratiques de fabrication et qui ne répond pas aux normes de qualité d’un médicament et qui peut être retrouvé dans le circuit illicite ».

Fausse alerte ou vrai danger?

Il faut savoir que cette marque citée dans le communiqué  à savoir « Sintrom 4 MG » n’est plus commercialisée en Algérie depuis 2021. Le produit a été remplacé par deux nouvelles marques génériques de même DCI (Acenocumarol)   dont un est importé et l’autre est fabriqué localement  dont le prix ne dépasse pas 500 Da.

Le signalement de ce faux  médicament au niveau régional a également suscité des interrogations tout en pointant du doigts les produits pharmaceutiques cabas, une activité interdite et vigoureusement réprimée.

Destinataires de cette alerte, les pharmaciens d’officines rassurent, quant à eux, qui sont les premiers concernés par la dispensation de ce produit de ville. Pour Dr Abdelkrim Touahria, pharmacien d’officine, le marque suscitée, le princeps, n’est plus dispensée dans les pharmacies en Algérie.

«Par contre la même DCI est disponible sur le marché sous forme générique avec deux noms de marques différentes et remboursés par la sécurité sociale», a précisé Dr Touahria et de souligner qu’il s’agit d’un produit très sensible.

Un médicament est falsifié répond à toute une procédure réglementaire

« Sa prescription par le médecin et sa dispensation par le pharmacien répondent à des exigences très strictes. Ce médicament est délivré sur ordonnance», a-t-il insisté en rappelant la disposition de la loi sanitaire relative au médicament falsifié.

«Une désignation qui répond à plusieurs critères notamment la carte d’identité de la boite et du produit (composition, vignette, nom du laboratoire, date de fabrication et de préemption etc..), tout en ayant une preuve matérielle pour vérification dans le cadre de l’enquête», a expliqué Dr Touahria.

Déclarer qu’un médicament est falsifié répond à toute une procédure réglementaire nécessitant des investigations nous explique t -on au niveau de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP) qui appelle à la vigilance et surtout : «éviter de prendre des médicaments vendus en dehors des pharmacies notamment sur internet dont on ignore la provenance».

La sortie médiatique de la DSP de Tizi Ouzou semble être un non évènement et rien d’extrêmement grave pour les autorités de santé dont le ministère de la santé, qui n’ont, d’ailleurs, pas jugé utile de réagir à une «information infondée». Laquelle information peut pourtant porter préjudice aux patients sous traitements.

Djamila Kourta

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