En Algérie, boire de l’eau en bouteille revient 4 000 fois plus cher que de consommer l’eau du robinet. Un choix dicté par la méfiance, mais qui pèse lourdement sur le budget des ménages et comporte aussi des risques sanitaires.
Le calcul est implacable : un litre d’eau du robinet coûte environ 0,05 dinar, tandis qu’une bouteille d’eau minérale se vend en moyenne 20 dinars. Cet écart faramineux — multiplié par 4 000 — représente des milliers de dinars de dépenses supplémentaires chaque mois pour une famille, surtout lorsque l’eau en bouteille est utilisée pour toute la consommation domestique.
Dans un contexte de pouvoir d’achat fragilisé, cette habitude devient un luxe difficilement soutenable, surtout lorsqu’elle repose davantage sur la perception que sur la réalité sanitaire.
Des risques sanitaires réels
Contrairement à l’idée reçue, l’eau en bouteille n’est pas systématiquement plus sûre. Les bouteilles en plastique, fabriquées en PET (polyéthylène téréphtalate), peuvent libérer des substances chimiques cancérigènes lorsqu’elles sont exposées à la chaleur.
En Algérie, cette exposition est presque inévitable : stockage en plein soleil sur les trottoirs, transport dans des camions non réfrigérés, ou encore conservation dans des lieux mal ventilés.
Autant de conditions qui altèrent la qualité initiale de l’eau et peuvent présenter un danger invisible pour le consommateur.
Un contrôle difficile
Même si l’eau est parfaitement conforme lorsqu’elle quitte l’usine, la suite de son parcours échappe souvent au contrôle strict des autorités.
Transport, stockage et distribution sont autant d’étapes où la qualité peut se dégrader.
La traçabilité reste limitée et le consommateur n’a aucun moyen de vérifier si la bouteille qu’il achète a été conservée dans des conditions optimales.
Un choix à repenser
Face à ces constats, experts et associations de consommateurs appellent à restaurer la confiance dans l’eau du robinet en améliorant sa qualité, en communiquant davantage sur les résultats d’analyses et en renforçant la transparence.
Au-delà de la question sanitaire, le passage massif à l’eau en bouteille soulève aussi un enjeu environnemental majeur, avec la production de déchets plastiques et une empreinte carbone élevée liée au transport.
Rania N.
