Le président de la Société algérienne d’infectiologie et chef de service des maladies infectieuses à l’Hôpital de Boufarik, Dr Mohamed Yousfi, a appelé à ce que la sensibilisation, l’information et le dépistage du VIH soient menés tout au long de l’année, estimant que la lutte contre l’épidémie ne doit pas se limiter aux temps forts de communication.
Il a rappelé que le VIH est une maladie silencieuse, capable d’évoluer pendant plusieurs années sans symptômes, ce qui expose toute la population, quel que soit le niveau social.
Il a souligné que l’Algérie dispose des ressources humaines et matérielles nécessaires, avec plus de 65 centres de référence pour le dépistage et 16 centres dédiés à la prise en charge, permettant d’identifier et de suivre les patients afin de réduire les transmissions silencieuses.
Dr Yousfi a mis en avant les chiffres actuels, qui restent inférieurs aux objectifs fixés : 86 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, 76 % sont sous traitement et 65 % ont une charge virale supprimée, alors que la cible est fixée à 95 % pour chacun de ces indicateurs.
Il a expliqué que ces écarts sont liés à des problèmes d’organisation, malgré l’amélioration de la disponibilité des traitements ces dernières années. Il a insisté sur le fait que le pays dispose, néanmoins, des moyens pour améliorer significativement ces résultats.
Il a exprimé son indignation face au maintien de cas de transmission mère-enfant, jugeant cela inacceptable au vu des possibilités actuelles. Il a rappelé que les femmes enceintes bénéficient de dépistages obligatoires et que les tests rapides permettent un diagnostic immédiat, rendant possible une prise en charge précoce garantissant la naissance d’un enfant indemne.
Il a insisté sur le rôle essentiel des sages-femmes, gynécologues et médecins, qui doivent systématiser le dépistage durant le suivi de grossesse.
Le Dr Yousfi a également souligné qu’il y a quelques années, le taux de transmission mère-enfant était inférieur à 5 %, alors qu’il atteint désormais 23 %, un chiffre qu’il juge « anormal » compte tenu des moyens disponibles. Il estime que l’objectif doit être fixé à moins de 2 %, voire 0 %, puisque toutes les conditions techniques et médicales sont réunies pour y parvenir.
En fin , il a réaffirmé que l’Algérie possède tous les moyens nécessaires pour éliminer la transmission mère-enfant, à condition que l’ensemble du système de santé se mobilise pleinement autour du dépistage, de l’organisation des services et de la continuité de la prise en charge.
K. B.
