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Distribution pharmaceutique: La transformation numérique redéfinit le métier

Distribution pharmaceutique: La transformation numérique redéfinit le métier

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La distribution pharmaceutique ne se limite plus aujourd’hui au stockage et à la livraison des médicaments. Avec la digitalisation croissante des chaînes d’approvisionnement, le secteur évolue vers un véritable écosystème où circulent des volumes considérables de données, désormais considérées comme un actif stratégique au même titre que les produits de santé.

La question a été abordée par Dr  Oumaima Araissia, pharmacienne vice présidente du comité réglementaire ADPHA, lors du SIPHAL  qui s’est déroulé du 4 au 7 février denier à Alger sous la thématique “la Distribution pharmaceutique à l’ère du numérique, gouvernance des données, éthique et responsabilité légale” où elle a expliqué que la transformation numérique redéfinit aujourd’hui le métier de la distribution pharmaceutique.

Elle a rappelé que les distributeurs pharmaceutiques utilisent aujourd’hui une multitude d’outils numériques — systèmes ERP, logiciels de gestion de stock, dispositifs de suivi de la chaîne du froid, solutions de géolocalisation ou plateformes collaboratives. “Ces technologies permettent d’améliorer la traçabilité, la disponibilité continue des médicaments et la performance logistique, mais elles génèrent également d’importants flux d’informations nécessitant une gouvernance rigoureuse”, a expliqué Dr Oumaima .

Dans ce contexte, la donnée n’est plus seulement un outil opérationnel,  : elle constitue aussi une preuve de conformité réglementaire a t-elle expliqué.  Une information manquante, erronée ou insuffisamment sécurisée peut compromettre la traçabilité des produits et engager la responsabilité du distributeur”, a t-elle relevé.

Un cadre juridique renforcé pour la protection des données

Dr  Oumaima Araissia n’a pas manqué de signaler  qu’ en Algérie, la protection des données personnelles est encadrée par la loi 18-07, qui impose à toutes les organisations publiques et privées de garantir la confidentialité, l’intégrité et la sécurité des informations traitées, y compris lorsque les systèmes informatiques sont hébergés à l’étranger dès lors que les données concernent des résidents algériens.

L’application de cette réglementation est supervisée par l’Autorité nationale de protection des données personnelles (ANPDP), chargée de contrôler les traitements, d’accompagner les entreprises dans leur mise en conformité et, le cas échéant, de prononcer des sanctions.

Gouvernance, conformité et culture de la sécurité

Pour répondre à ces exigences, les entreprises doivent mettre en place une véritable gouvernance des données : cartographie des flux d’informations, classification des données sensibles, contrôle des accès, prévention des fuites, évaluation des impacts sur la vie privée et dispositifs de gestion du consentement. Cette démarche implique également la désignation de responsables internes dédiés à la protection des données et la sensibilisation continue des collaborateurs.

Au-delà de la conformité réglementaire, la gestion éthique et sécurisée des données constitue désormais un facteur clé de crédibilité et de confiance vis-à-vis des autorités, des partenaires et des professionnels de santé.

Dans un environnement pharmaceutique de plus en plus numérisé, la performance logistique se mesure désormais autant à la qualité de la distribution des médicaments qu’à la capacité des organisations à protéger les données qu’elles traitent“, a -t-elle souligné.

Le numérique sous le signe de la responsabilité

La distribution pharmaceutique amorce un virage stratégique vers le numérique. Gestion des stocks, traçabilité, logistique, analyse des flux : la digitalisation devient indispensable pour gagner en rapidité, en fiabilité et en performance.

Mais cette transformation ne peut réussir sans une gouvernance rigoureuse des données. Dans un secteur aussi sensible que celui du médicament, la protection des informations personnelles et commerciales est un impératif.

Audits internes, mise à jour des politiques, formation continue et veille réglementaire doivent s’inscrire dans une démarche d’amélioration permanente.

Le numérique est un levier puissant pour anticiper les besoins et optimiser les processus. À condition qu’il soit maîtrisé, sécurisé et utilisé de manière éthique.

Djamila Kourta

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