Le ministère de la Santé accélère sa transition numérique. À l’occasion du séminaire national consacré à « l’innovation et la transformation numérique du service public », le ministre de la Santé, le Pr Mohamed Seddik Aït Messaoudene, a annoncé le lancement prochain d’un vaste chantier de modernisation reposant notamment sur la télémédecine, l’interconnexion des établissements hospitaliers et la numérisation des dossiers médicaux.
Le département ministériel travaille actuellement à la mise en place d’un « réseau national de santé » destiné à interconnecter l’ensemble des hôpitaux et établissements publics du pays. Selon les précisions apportées dans un communiqué, ce projet stratégique s’inscrit dans le programme de transition numérique engagé au niveau national.
Le futur réseau concernera 2 599 établissements et structures de santé, qui seront reliés par fibre optique avec des débits adaptés aux besoins spécifiques du secteur. Le projet est mené en collaboration avec Algérie Télécom et le Haut Commissariat à la Numérisation.
L’objectif affiché est double : améliorer la qualité des prestations de santé et rationaliser les coûts de gestion.
La télémédecine pour les zones éloignées
Parmi les applications phares figure le développement de la télémédecine. Le ministère prépare plusieurs outils numériques permettant la prise de rendez-vous à distance ainsi que la programmation de consultations et d’examens sans déplacement du patient.
Cette orientation vise en priorité les habitants des zones reculées, pour lesquels l’accès aux soins spécialisés demeure parfois difficile. L’interconnexion des établissements permettra également la lecture à distance des examens de radiologie et d’imagerie médicale.
Le ministère prévoit d’intégrer des solutions d’intelligence artificielle pour renforcer la précision des diagnostics, réduire les erreurs médicales et optimiser le suivi des patients.
Suivi des médicaments et des capacités d’accueil
La numérisation concernera aussi la gestion des ressources sanitaires. Un système de suivi de la disponibilité des médicaments à l’échelle nationale est en cours de développement, tout comme un dispositif permettant de connaître en temps réel la disponibilité des lits dans les établissements de santé.
Le dossier médical numérique en priorité
Autre axe majeur : la généralisation du dossier de santé numérique. Ce projet, qualifié de priorité stratégique, vise à centraliser les données médicales des patients dans des bases sécurisées.
Sa mise en œuvre reste toutefois conditionnée au respect strict du secret médical et de la législation relative à la protection des données personnelles. Le ministère indique travailler au renforcement des dispositifs de cybersécurité afin de protéger les systèmes de stockage contre toute menace.
À terme, le dossier médical numérique, accessible via un système d’information sécurisé reposant sur l’identifiant national du patient, devrait permettre d’améliorer le suivi médical, d’éviter la répétition d’examens inutiles et de faciliter l’accès aux soins.
À travers cette transformation numérique, le ministère entend moderniser durablement le service public de santé et renforcer l’efficacité du système sanitaire national.
