Le ministère de l’Industrie pharmaceutique mise sur la numérisation pour renforcer la régulation du marché national du médicament. Le ministre Ouacim Kouidri a présenté, mardi à Alger, le projet de portail numérique d’accès aux produits pharmaceutiques (PAPP BOX), appelé à devenir un outil de planification industrielle et sanitaire et à favoriser davantage la production locale.
Présenté comme un « projet structurant », ce dispositif s’inscrit, selon le ministre, dans la démarche de modernisation du cadre réglementaire du secteur et vise à rationaliser l’accès au marché, dans le cadre de la politique de renforcement de la souveraineté sanitaire.
Pour Ouacim Kouidri, le PAPP BOX ne doit pas être considéré comme une simple plateforme de dépôt de dossiers. Il constitue avant tout un outil de planification industrielle et sanitaire, destiné à assurer un meilleur équilibre entre l’offre pharmaceutique et les besoins réels du système national de santé.
L’un des principaux objectifs du dispositif consiste à mieux maîtriser le nombre de médicaments génériques enregistrés pour chaque principe actif. Il s’agit, selon le ministre, de garantir l’approvisionnement du marché, d’assurer la viabilité économique des produits enregistrés et de protéger, dans le même temps, la production nationale.
Trois principes pour encadrer le marché
Le nouveau portail repose sur trois axes majeurs. Le premier concerne la clarté et la transparence. La plateforme permettra de déterminer le nombre d’opérations de dépôt de décisions d’enregistrement ouvertes pour chaque forme pharmaceutique et dosage. Elle prévoit également la réouverture des opérations en cas de retrait d’un produit du marché ou d’expiration de son enregistrement sans renouvellement.
Le deuxième principe est celui de la souplesse dans la gestion. Les opérations de dépôt pourront être ouvertes de manière dynamique en fonction des besoins de santé publique, notamment en cas de pénurie ou de rupture d’approvisionnement. Les opérateurs en mesure d’assurer rapidement la production pourront ainsi être priorisés, tandis que les listes disponibles seront publiées au profit de l’ensemble des acteurs concernés.
Le troisième axe porte sur la priorité accordée à la production locale. À conditions équivalentes, les dossiers relatifs à la fabrication nationale seront privilégiés par rapport à ceux liés à l’importation. Les projets locaux seront ensuite classés en fonction de leur niveau d’intégration industrielle effective.
Dans ce cadre, le ministère entend notamment favoriser les productions reposant sur un processus industriel intégré, dit « Full Process ». Cette orientation vise à accroître la valeur ajoutée locale, favoriser le transfert de technologie et de savoir-faire, renforcer les capacités de production et contribuer à la création d’emplois.
Vers davantage d’autonomie pharmaceutique
Le ministre a également mis en avant les progrès réalisés par l’Algérie ces dernières années en matière de sécurité médicamenteuse, notamment à travers le développement de la production nationale et l’élargissement des capacités industrielles.
Cette dynamique a permis, selon lui, de couvrir une part importante des besoins nationaux dans différentes catégories thérapeutiques, notamment en médicaments essentiels. Elle a également contribué à rationaliser les dépenses et à orienter les opérateurs vers la fabrication de produits à plus forte valeur ajoutée.
Le lancement du PAPP BOX constitue ainsi, selon le ministre, une nouvelle étape dans le développement de l’industrie pharmaceutique nationale. Il devrait permettre de consolider la durabilité de la production à travers des mécanismes réglementaires plus modernes et plus efficaces, en cohérence avec l’objectif de renforcer l’autonomie de l’Algérie dans le domaine du médicament.
Appelant les différents acteurs du secteur à s’inscrire dans cette nouvelle démarche, Ouacim Kouidri a insisté sur la nécessité d’une vigilance réglementaire permanente et d’une préparation anticipée des dossiers. Il a assuré que le ministère de l’Industrie pharmaceutique et l’Agence nationale des produits pharmaceutiques continueront à fournir l’accompagnement technique et réglementaire nécessaire.
Le ministre a enfin souligné que le portail demeurera évolutif et pourra faire l’objet d’améliorations continues sur la base des recommandations et propositions issues de son utilisation. L’objectif affiché est de parvenir à un système pharmaceutique national plus transparent, plus efficace et davantage orienté vers la production locale, tout en renforçant la position de l’Algérie comme référence régionale et africaine dans le domaine de l’industrie et de la réglementation pharmaceutiques.
Rania.N
