Aller au contenu

Cancer de la prostate : Le Pr Kheireddine Chettibi plaide pour une chirurgie robotique encadrée et stratégique

Aborder la place de la chirurgie dans la prise en charge du cancer de la prostate est aujourd’hui incontournable. Le Pr Kheireddine Chettibi, chef de service d’urologie au CHU d’Annaba, rappelle que la chirurgie demeure l’une des armes les plus puissantes contre les tumeurs solides, une efficacité largement démontrée par l’histoire de la médecine et les données scientifiques accumulées au fil du temps.

Pour le spécialiste, l’intervention chirurgicale offre surtout un avantage décisif : celui d’agir sans prolonger inutilement les délais, afin de ne pas compromettre les chances de guérison du patient.

Toutefois, le Pr Kheireddine Chettibi insiste sur une condition fondamentale : cette chirurgie doit être réalisée par des équipes expertes et s’appuyer sur des techniques modernes, à l’image de la chirurgie robot-assistée, aujourd’hui au cœur de l’actualité médicale.

Selon lui, le robot n’est pas une fin en soi, mais un outil d’assistance au chirurgien, permettant des gestes plus simples, plus précis et mieux contrôlés, avec à la clé une réduction significative des effets secondaires.

Des bénéfices cliniques et économiques à moyen terme

Évoquant les bénéfices concrets de cette technologie, le chef de service d’urologie du CHU d’Annaba souligne que, malgré son coût élevé, la chirurgie robotique se rentabilise avec le temps. Elle permet de réduire la durée d’hospitalisation, de limiter les complications postopératoires et d’accélérer la réinsertion socioprofessionnelle des patients.

Là où la reprise du travail nécessitait auparavant plusieurs mois, elle peut désormais intervenir en l’espace de quinze jours, un gain considérable tant pour le malade que pour le système de santé.

Une technologie à réserver aux cas complexes

Mais cette stratégie, aussi attractive soit-elle, ne peut être mise en œuvre sans vision ni encadrement. Le Pr Kheireddine Chettibi met en garde contre toute banalisation de l’outil robotique. Pour lui, l’utilisation d’un matériel aussi sophistiqué doit être prioritairement orientée vers les cas complexes.

Il illustre cette approche par une métaphore parlante : on ne s’offre pas un véhicule de prestige pour parcourir quelques kilomètres, mais pour affronter des trajets longs et exigeants. Il en va de même pour la chirurgie robotique, qui doit répondre à des indications précises.

Dans cette perspective, le Pr Chettibi estime que la sélection rigoureuse des patients et la définition claire des indications sont des éléments déterminants. Bien utilisée, cette technologie peut non seulement améliorer les résultats cliniques, mais aussi offrir aux équipes médicales des conditions de travail optimales.

En tant que pédagogue, il reconnaît l’existence d’une courbe d’apprentissage, tout en rassurant sur le fait que celle-ci est plus rapide que celle de la cœlioscopie classique, notamment grâce à l’apport des simulateurs.

Sélection des patients et formation : des critères déterminants

Par ailleurs, le chef de service d’urologie au CHU d’Annaba rappelle que les compétences et infrastructures existent déjà dans des centres spécialisés en Algérie, en attendant l’introduction progressive des robots chirurgicaux.

Il plaide ainsi pour une stratégie nationale réfléchie, clairement expliquée et solidement encadrée, afin de garantir une exploitation optimale et durable de ces équipements.

Enfin, le Pr Kheireddine Chettibi avertit contre tout effet de mode ou de vitrine technologique. Une machine aussi performante soit-elle ne saurait, à elle seule, résoudre les problématiques de prise en charge si elle n’est pas intégrée dans un projet cohérent, fondé sur la formation, la sécurité et la responsabilité.

La protection du patient, tout comme celle de l’équipement, impose un apprentissage rigoureux et progressif. «On ne confie pas un Boeing à quelqu’un qui conduit une voiture, même très bien», résume-t-il, soulignant que la maîtrise de la technologie reste la condition essentielle de son succès.

error: Content is protected !!