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Cancer : 25 nouvelles structures de radiothérapie et 16 accélérateurs à l’horizon 2028

Cancer : 25 nouvelles structures de radiothérapie et 16 accélérateurs à l’horizon 2028

L’Algérie prévoit de renforcer significativement ses capacités de prise en charge du cancer avec l’ouverture de 25 nouvelles structures de radiothérapie et l’acquisition de 16 accélérateurs linéaires à l’horizon 2028, a annoncé hier à Alger le ministre de la Santé, le Pr Mohamed Seddik Aït Messaoudane.

Cette annonce intervient alors que plus de 56 000 nouveaux cas de cancer ont été enregistrés en 2023, soit une progression de plus de 34 % en moins de dix ans. Elle a été faite à l’ouverture de la deuxième édition du Congrès international du patient atteint de cancer, organisée à l’hôtel El Aurassi sous le haut patronage du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.

Un dispositif national appelé à s’élargir

Intervenant devant des responsables institutionnels, des professionnels de la santé, des experts et des représentants d’associations de patients, le ministre a placé la prise en charge du malade au centre de la stratégie nationale.

«Le patient au cœur d’une approche nationale globale» constitue, selon lui, le principe devant guider l’action publique dans la lutte contre le cancer, laquelle ne se limite plus au traitement, mais englobe également la prévention, le dépistage précoce, le diagnostic, la recherche scientifique, l’innovation et l’amélioration du parcours de soins.

L’Algérie dispose actuellement de 15 centres de lutte contre le cancer, 24 centres de radiothérapie et 61 accélérateurs linéaires. Ce réseau sera renforcé, à l’horizon 2028, par 25 nouvelles structures de radiothérapie et 16 nouveaux accélérateurs.

L’offre thérapeutique s’est également élargie avec l’introduction de 52 traitements innovants, notamment dans le domaine des thérapies ciblées et de l’immunothérapie.

Sur le volet du diagnostic, le ministre a annoncé la mise en service, avant la fin de l’année, du PET-scan de Tizi Ouzou, après son repositionnement dans une structure sanitaire jugée plus adaptée à son exploitation. L’objectif est d’optimiser l’utilisation de cet équipement et de renforcer les capacités de diagnostic avancé.

Plus de 73 milliards de dinars mobilisés

Le renforcement du dispositif s’accompagne d’un effort financier important. Selon le ministre, plus de 73 milliards de dinars ont été affectés au Fonds de lutte contre le cancer dans le cadre de l’initiative nationale consacrée à cette maladie.

Le fonds bénéficie également d’un renforcement annuel de 40 milliards de dinars, en plus des crédits inscrits au budget de l’État. Pour 2026, les crédits consacrés à la prise en charge des médicaments utilisés dans le traitement du cancer ont, à eux seuls, été portés à 40 milliards de dinars.

Pour le Pr Aït Messaoudane, ces moyens doivent notamment permettre de garantir aux patients un accès au traitement dans les délais appropriés et avec la qualité requise, tout en assurant la continuité du parcours thérapeutique.

La question de la disponibilité des médicaments et des dispositifs médicaux figure ainsi parmi les priorités, avec un renforcement annoncé du suivi, de la coordination et de l’anticipation des besoins afin de limiter les ruptures d’approvisionnement.

Prévention et dépistage : un autre front prioritaire

La stratégie nationale ne repose toutefois pas uniquement sur le renforcement de l’offre de soins. Le ministre a insisté sur la prévention et le dépistage précoce, considérés comme des leviers essentiels de la lutte contre le cancer.

Le ministère de la Santé œuvre, dans ce cadre, à la mise en œuvre de la feuille de route issue de la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre le cancer 2025-2035, conformément aux orientations arrêtées par le président de la République lors du Conseil des ministres du 3 mai 2026.

La transformation numérique constitue également un axe de cette démarche. La généralisation du dossier médical électronique ainsi que la numérisation des rendez-vous et des parcours de soins, notamment en radiothérapie, doivent contribuer à réduire les délais d’attente, à renforcer la coordination entre les structures et à fluidifier la circulation de l’information médicale.

Le ministère a, par ailleurs, mis en place la plateforme numérique SMES, consacrée au suivi de la maintenance et de la disponibilité des équipements. Celle-ci s’appuie sur plusieurs indicateurs de performance, notamment les délais d’attente, les pannes et les taux de disponibilité et de fonctionnement des équipements.

Un tableau de bord dédié au suivi de la mise en œuvre de la stratégie nationale et des indicateurs de prise en charge des patients atteints de cancer complète ce dispositif. Il doit permettre de mesurer les résultats, d’identifier les insuffisances et d’engager les mesures correctives nécessaires.

Une mobilisation qui dépasse le seul secteur de la santé

Le ministre a enfin souligné que la lutte contre le cancer appelle une mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés. Cette démarche associe notamment l’Agence nationale de sécurité sanitaire, la Commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer, les associations de patients, la société civile et les partenaires internationaux.

Placée sous le haut patronage du président de la République, la deuxième édition du Congrès international du patient atteint de cancer est organisée par la Fédération algérienne des associations de patients atteints de cancer (FAAPAC), en partenariat avec le ministère de la Santé.

La rencontre réunit des responsables institutionnels, des professionnels de la santé, des experts ainsi que des représentants d’organisations et d’associations nationales, africaines et internationales, autour d’une même orientation : faire du patient le point de référence de la politique nationale de lutte contre le cancer.

D. K.

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