
L’obésité est devenue un phénomène hautement préoccupant en Algérie. considéré comme un des facteurs de risque du diabète, les spécialistes tirent la sonnette d’alarme afin de réduire cette montée vertigineuse du nombre de cas d’obèses et de diabétiques. Un plan de lutte contre l’obésité est en cours d’élaboration par le ministère de la santé en collaboration avec d’autres secteurs dans le cadre du plan national multisectoriel de lutte contre les facteurs de risque.
Des chiffres effrayants et inquiétants qui menacent la santé des algériens et les études épidémiologiques le montrent déjà depuis quelques années.
« La prévalence l’obésité est estimé à 22% chez la population âgée de 18 à 69 ans dont 30% des femmes et 14,1% des hommes selon Step wise de l’OMS de 2017,» rappelle Dr Djamila Nadir sous directrice de la prévention et des maladies non transmissibles et des facteurs de risque. Elle précise que la même enquête a révèlé que plus de la moitié de la popualtion algérienne cumule le surpoids et l’obésité avec une prévalence globale de 55,6% soit 48,9% pour les hommes (1 homme sur deux est obèse et en surpoids) et 63,6% chez les femmes soit (2 femmes sur 3 sont obèses et en surpoids).
D’autres chiffres ont été également avancés par des spécialistes notamment la société algérienne de l’obésité et des maladies métaboliques qui confirment encore cette hausse de cas d’obésité qui menace la santé de la popualtion évaluée selon Pr Tbaibia à 34% . « Effectivement , il s’agit d’un chiffre émanant des campagnes de dépistage réalisée depuis 2014-2015 avec Les cliniques mobiles, le chemin de la prévention, ayant sillonné quatre wilayas du pays », a expliqué Dr Nadir et de préciser que « Ce chiffre n’est pas représentatif de la popualtion générale. Il concerne les personnes qui se sont présentés volontairement lors de ces campagnes pour le dépistage dont la majorité présentait des facteurs de risque âgée» de 50 ans et plus ».
Le travail du ministère de la santé, poursuit-elle, consiste à effectuer une cartographie des cliniques mobiles et « la prochaine enquête step Wise sur les facteurs de risque comportementaux et métaboliques, inscrite pour 2024, nous renseignera de manière précise l’évolution de ces maladies ».
Concernant les enfants qui ne sont pas à l’abri de cette maladie, Dr Nadir a souligné que la prévalence de l’obésité chez l’enfant est passée de 9% à 13% de 2012 à 2019 selon les enquêtes par grappes à indicateurs multiples (MICS) du ministère de la santé. Une tendance qui semble être stable pour le moment, a- t-elle souligné en attendant les prochaines enquêtes et les stratégies de ripostes contre ce fléau.
Djamil Kourta