Face à la recrudescence des infections hivernales, l’Association scientifique des étudiants en pharmacie d’Algérie (ASEPA) tire la sonnette d’alarme. Elle vient de lancer une vaste campagne nationale de sensibilisation pour alerter les citoyens sur les dangers de l’usage anarchique des médicaments, et plus particulièrement des antibiotiques.
Le constat est sans appel : l’automédication gagne du terrain. Trop de citoyens ont encore recours aux antibiotiques pour soigner un simple rhume ou une grippe. Or, ces traitements sont totalement inefficaces contre les virus.
Cette confusion entre infection virale et bactérienne alimente un phénomène inquiétant, qui est la résistance aux antimicrobiens. Ce qui était autrefois une menace théorique est devenu une réalité médicale majeure, risquant de rendre les infections courantes impossibles à soigner dans un futur proche.
Une semaine pour agir : la prévention comme rempart
Organisée du 8 au 15 janvier, cette campagne de l’ASEPA avait le but de remettre la prévention au centre des habitudes sanitaires. L’objectif est double, protéger l’efficacité des molécules existantes et encadrer l’usage des soins pour stopper le développement de bactéries ultra-résistantes.
« La résistance aux antimicrobiens compromet durablement l’efficacité de notre arsenal thérapeutique », prévient l’association, qualifiant l’usage non encadré de ces médicaments comme l’un des comportements les plus à risque aujourd’hui.
Une stratégie de proximité et de pédagogie
Pour toucher le plus grand nombre de personnes, les futurs pharmaciens adoptent une stratégie de communication fondée sur un langage simple et une présence multisectorielle, combinant des actions de terrain dans les espaces publics, les pharmacies et les établissements scolaires, l’organisation de conférences thématiques visant à vulgariser le savoir scientifique et à déconstruire les idées reçues, ainsi qu’une forte mobilisation de l’e-santé à travers la diffusion massive d’infographies et de contenus pédagogiques sur les réseaux sociaux.
L’ASEPA rappelle trois règles d’or essentielles pour un usage responsable des antibiotiques : bannir toute automédication en ne prenant jamais un antibiotique sans prescription médicale préalable, faire preuve de rigueur en respectant scrupuleusement les doses et la durée du traitement même après la disparition des symptômes, et privilégier l’hygiène à travers la vaccination et l’adoption des gestes barrières afin de prévenir l’infection à la source.
Éduquer dès le plus jeune âge
L’ASEPA mise également sur les générations futures. Des ateliers sont organisés dans les écoles primaires pour instaurer une culture de la prévention dès l’enfance. En parallèle, les plateformes numériques permettent d’interagir directement avec le public et de fournir des réponses fiables face aux fake news médicales.
En conclusion, la lutte contre l’automédication abusive ne se gagnera pas uniquement dans les cabinets médicaux, mais par une responsabilisation individuelle accrue. Par cette initiative, l’ASEPA réaffirme que le meilleur médicament reste une information responsable et scientifiquement sourcée.
Rania N.
