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Dr Amina Haddadj, jeune assistante en endocrinologie, à l’EPH Mohammadia dans la Wilaya de Mascara

Dr Amina Heddadj : “La mémoire glycémique et importante dans la prévention des complications”

Dr Amina Haddadj, jeune assistante en endocrinologie, à l’EPH Mohammadia dans la Wilaya de Mascara, nous explique dans cet entretien qu’est-ce qu’est la mémoire glycémique, son importance et son rôle dans la réduction des complications liées au diabète telles que les maladies cardiovasculaires, les problèmes rénaux et les atteintes oculaires.

Le contrôle strict de la glycémie chez les patients diabétiques a des  bénéfices à long terme selon des études publiées. Le diagnostic, la prise en charge et le suivi précoce permettent de réduire considérablement les complications notamment cardiovasculaires, ophtalmique et rénales.

Les spécialistes parlent de l’importance du concept de la mémoire métabolique ou glycémique qui montre l’importance de commencer le contrôle strict chez les patients diabétiques dont les bienfaits se font sentir à long terme même après un relâchement de ce contrôle plus tard dans la vie. Ce qui pourrait selon les spécialistes agir sur le développement des complications.

Que signifie la mémoire glycémique ?

La mémoire glycémique désigne l’impact durable d’un mauvais ou bon contrôle glycémique initial sur le risque futur de complications, même si la glycémie est ensuite bien équilibrée. Ce concept a été mis en évidence par des études comme DCCT/EDIC et UKPDS.

Comment se manifeste-elle concrètement dans le corps humain ?

La mémoire glycémique se manifeste par des altérations cellulaires persistantes induites par l’hyperglycémie chronique : stress oxydatif, activation des voies inflammatoires, accumulation de produits de glycation avancée (AGEs). Ces effets entraînent des lésions vasculaires durables, malgré un contrôle glycémique secondaire correct.

Peut-on évaluer la mémoire glycémique d’un patient ?

Elle n’est pas directement mesurable. On peut cependant l’inférer en tenant compte du profil glycémique historique (ancienneté du diabète, HbA1c passées), et des marqueurs de complications (albuminurie, imagerie vasculaire). L’histoire glycémique permet ainsi de stratifier le risque résiduel.

Est-ce qu’il y a une  différence  dans la mémoire glycémique entre  les personnes atteintes de diabète de type 1 et type 2 ?

Le phénomène est présent dans les deux types, mais il est plus étudié et plus marqué en DT1, notamment chez les jeunes où une mauvaise glycémie initiale impacte à long terme les organes cibles. En DT2, la mémoire glycémique est souvent confondue avec la progression naturelle de la maladie, mais elle existe également.

Comment la mémoire glycémique influence-t-elle le risque de développer  des des complications du diabète notamment cardiovasculaires, ophtalmique et rénales?

La mémoire glycémique amplifie le risque vasculaire : une glycémie mal contrôlée au début crée un terrain inflammatoire et pro-athérogène durable, qui favorise les maladies cardiovasculaires, la néphropathie et la neuropathie, même après amélioration du contrôle glycémique. D’où l’importance d’un bon équilibre glycémique précoce et durable.

Djamila Kourta

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