Le ministère de la Santé a pris des mesures « urgentes » pour renforcer la prévention contre l’hépatite virale A, après une hausse de 28% du nombre de cas d’infections à l’hépatite virale dans plusieurs wilayas du pays.
Dans une note envoyée le 5 mars aux directeurs de la Santé et aux établissements publics de santé de proximité, la direction générale de la prévention et de la promotion de la santé a indiqué que « certaines wilayas sont confrontées à une augmentation importante du nombre de cas d’hépatite virale A ». Il a ajouté que « ces wilayas sont à haut risque d’apparition d’autres maladies à transmission hydrique, notamment la fièvre typhoïde et les dysenteries, en l’absence de mesures sanitaires strictes au niveau local ».
Ainsi, il est précisé que des mesures « d’urgence » doivent être prises en collaboration avec les collectivités locales, après la hausse de 28% du nombre de cas d’infections à l’hépatite virale A, enregistrée entre 2023 et 2024. Parmi ces mesures, le renforcement de la surveillance épidémiologique et la déclaration des nouveaux cas, le renforcement du contrôle bactériologique et chimique de l’eau du réseau d’adduction en eau potable, ainsi que le contrôle des travaux.
La note souligne également la nécessité d’améliorer l’hygiène en milieu scolaire, où « l’hépatite virale A est la plus répandue », insistant sur le contrôle de l’eau et des aliments. Les directeurs de la santé sont chargés d’instruire les services d’épidémiologie et de médecine préventive des établissements publics de proximité, en collaboration avec les bureaux d’hygiène communale, de mettre en place un plan de mesures préventives en coordination avec les autorités locales et les directions des établissements scolaires, ajoute le document.
Rappelons qu’un rapport de l’Institut de Santé Publique, publié le 19 février, indique une « augmentation inquiétante » du nombre de cas de l’infection à l’hépatite A sur le territoire national.
Le nombre de cas est passé de 909 en 2022 à 4 895 en 2023, selon le rapport, qui précise que près de 50% des cas ont été déclarés à l’Est du pays, et les enfants et les adolescents sont les plus touchés.
Le rapport explique que cette tendance à la hausse est liée à des problèmes d’assainissement, soulignant que « les enquêtes réalisées ont montré que certaines stations d’épuration des eaux fonctionnaient à minima et que la chloration des puits était insuffisante ».
Yamina Baïr
