Une étude nationale sur les hémangiomes infantiles est lancée, depuis mars dernier, dans six services de dermatologie dans les différents centres hospitaliers du pays. Cette étude observationnelle est importante pour la classification de ces angiomes et l’amélioration de leur prise en charge médicale.
Les hémangiomes infantiles sont des lésions vasculaires qui sont extrêmement fréquentes chez les enfants. Il s’agit d’une tumeur bégnine qui apparaît après la naissance et peut grossir au fil des mois, a expliqué le Pr Samira Zobiri, chef de service de dermatologie au CHU Mustapha Bacha, lors d’une journée de sensibilisation organisée par les laboratoires Pierre Fabre au profit des médecins généralistes, les sages- femmes et les puéricultrices .
«L’évolution est dans 90% des cas favorable avec une régression lente des lésions vers l’âge de trois ou quatre ans mais qui peut laisser des séquelles», a souligné Pr Zobiri après avoir expliqué qu’il s’agit d’une prolifération des vaisseaux sanguins sur la peau dont les principaux facteurs de risques sont la grande prématurité, grossesse multiples, grossesse avec hypertension artérielle, réanimation et antécédents familiaux d’hémangiome infantile.
L’hémangiome infantile , précise Pr Zobiri, se présente sous trois formes à savoir l’hémangiome superficiel, profond et mixte, dont certaines formes sont graves. «Des complications peuvent survenir du fait des localisations à risque de la lésion notamment sur les paupières, la lèvre le nez. Ce qui peut entraver la respiration, le pronostic fonctionnel et des complications types d’ulcérations et complications esthétiques avec un retentissement sur le plan familial», a- t-elle indiqué d’où l’importance de diagnostic précoce pour une prise en charge précoce et optimale.
L’éducation thérapeutique est un pilier dans la prise en charge d’un hémangiome infantile a noté, Pr Zobiri qui préconise une surveillance et un suivi dès l’initiation du traitement. «Les parents sont informés et des explications leur sont fournies notamment comment prendre ce médicament et dans quel cas l’arrêter et le reprendre», t-elle ajouté.
Pr Aicha Sahli, Professeur en dermatologie à l’université d’Alger, signale 60 à 80% des hémangiomes siègent au niveau cervico-céphalique : «Cette lésion tumorale bégnine pu engendrer de véritable ravage sur des fonction nobles telle que la vision et vitales telle que la respiration».
Elle souligne que «L’hémangiome infantile concerne un nourrisson avec prédominance féminin. Il touche un enfant sur dix et le traitement par bétabloquants est préconisé », a -t-elle déclaré tout en insistant sur le diagnostic qui doit être posé par le spécialiste pour «ne pas confondre l’hémangiome infantile avec d’autres lésions congénitales».
Elle a fait savoir que cette lésion est visible dans 50% des cas en forme d’une tache blanche soit une tache rouge rosée. «Le traitement est aujourd’hui disponible en Algérie, les bétabloquants en solution, spécifique à cette maladie ,et adapté à l’enfant avec des résultats satisfaisants».
Ce traitement qui a des indications bien précises ne peut pas être prescrit pour des lésions présentant des aspects similaires à l’hémangiome, mis en garde Pr Sahli en préconisant une consultation spécialisée.
Djamila Kourta
