Une étude menée auprès de 1 062 étudiants en Algérie révèle une prévalence préoccupante du surpoids et de l’obésité en milieu universitaire. Le ministère de la Santé appelle à renforcer la prévention, le dépistage précoce et la prise en charge multidisciplinaire de cette maladie chronique.
L’obésité constitue désormais un enjeu majeur de santé publique en Algérie. Loin d’être une simple question de poids, elle est considérée comme une maladie chronique, complexe et multifactorielle, associée à de nombreuses complications métaboliques et cardiovasculaires. Une étude menée auprès de 1 062 étudiants universitaires révèle que 37,4 % d’entre eux présentent un surpoids ou une obésité, dont 11,3 % souffrent d’obésité.
Ces données ont été présentées par le ministre de la Santé, le professeur Mohamed Seddik Aït Messaoudane, à l’occasion du congrès annuel de la Société algérienne de l’obésité et des maladies métaboliques (SAOMM), organisé jeudi soir à l’hôtel Sheraton d’Alger. Le chef de cabinet du ministère, le Dr Hadj Maâti Khalil Redha, a présidé la cérémonie d’ouverture au nom du ministre.
Dans son allocution, le ministre a souligné que l’obésité représente l’un des principaux défis actuels de santé publique, compte tenu de son association avec plusieurs maladies chroniques, notamment le diabète de type 2, l’hypertension artérielle, les dyslipidémies, les maladies cardiovasculaires et les affections hépatiques.
L’étude, réalisée par la SAOMM en collaboration avec l’Institut national de santé publique (INSP), met particulièrement en évidence la nécessité d’intensifier les actions de prévention et de dépistage précoce, notamment auprès des jeunes et dans les établissements scolaires et universitaires.
Une prise en charge qui doit être multidisciplinaire
Face à cette problématique, le ministre a insisté sur l’importance d’une approche thérapeutique globale, adaptée aux caractéristiques de chaque patient. La prise en charge doit associer plusieurs disciplines, notamment l’évaluation médicale, la nutrition thérapeutique, le suivi psychologique et l’activité physique. Les traitements médicamenteux et la chirurgie peuvent également être envisagés lorsque les indications médicales le permettent.
Le lien entre obésité et diabète a également occupé une place importante dans son intervention. À travers le concept de « diabésité », qui désigne l’association de ces deux pathologies, le ministre a appelé à renforcer leur prise en charge conjointe et à prévenir les complications cardiovasculaires, rénales et métaboliques qui peuvent en découler.
Il a également attiré l’attention sur les troubles lipidiques, l’hypertension artérielle et la stéatose hépatique associée à un dysfonctionnement métabolique, dont la fréquence est élevée chez les personnes souffrant d’obésité, selon les études réalisées en Algérie. Le diagnostic et l’intervention précoces constituent, à ce titre, des leviers essentiels pour limiter les complications.
Deux unités spécialisées, une expérience à élargir
Sur le plan de l’organisation des soins, le ministre a mis en avant l’expérience des deux unités spécialisées dans la prise en charge de l’obésité, relevant de l’établissement public hospitalier Djilali-Belkhenchir. Ces structures constituent, selon lui, un modèle prometteur, notamment grâce aux données recueillies sur les profils des patients et les pathologies associées à l’obésité.
Il a ainsi souligné l’intérêt de capitaliser sur cette expérience et d’envisager son extension à l’échelle nationale, dans le cadre du renforcement des capacités des établissements de santé et de l’amélioration de la qualité des soins.
Le ministre a, par ailleurs, rappelé le rôle des sociétés savantes dans la lutte contre les maladies chroniques. La Société algérienne de l’obésité et des maladies métaboliques contribue notamment à la formation continue des professionnels de santé, à la diffusion des connaissances scientifiques, à l’élaboration de recommandations et de protocoles thérapeutiques, ainsi qu’au développement de la recherche médicale.
Rania.N
