Les premières journées de la pharmacie industrielle axées sur le renforcement de la production nationale et l’émergence d’une expertise locale sont organisée par la société algérienne de pharmacie industrielle. L’objectif de cette rencontre est de poser les bases d’un écosystème capable de soutenir durablement l’industrie pharmaceutique algérienne.
Pour les organisateurs, l’enjeu est stratégique. Pour Mohamed Nibouche, expert en affaires pharmaceutiques, un des organisateurs de ces premières journées est de faire du développement pharmaceutique un levier de souveraineté sanitaire et de croissance économique.
Pour lui, il est important de rapprocher la recherche académique, les sociétés savantes et les industriels afin de permettre, à terme, la conception de médicaments issus directement de l’expertise nationale.
Une vision industrielle à long terme
Au-delà de son importance scientifique, cette évènement s’inscrit dans une vision économique et humaine à long terme. “Il s’agit de bâtir un tissu industriel solide, capable non seulement de répondre aux besoins locaux, mais aussi de rayonner à l’échelle régionale, africaine et dans la zone Moyen-Orient et Afrique (MEA)”, a déclaré M. Nibouche à TDMsanteinov .
Génériques et biosimilaires : un axe stratégique
L’Algérie, historiquement orientée vers la production de médicaments génériques, bénéficie d’un cadre politique favorable à leur développement.
L’expert plaide pour l poursuite de ses efforts pour faciliter l’enregistrement des génériques et des biosimilaires, tout en renforçant les exigences en matière de qualité, d’efficacité et de sécurité.
L’importance de l’évaluation scientifique
Dans ce contexte, la question de l’évaluation scientifique des médicaments occupe une place centrale selon lui. Le spécialiste revient sur la nécessité de développer des études de bioéquivalence pour les génériques, ainsi que des études de comparabilité clinique pour les biosimilaires, afin de “garantir leur conformité aux standards internationaux et leur efficacité thérapeutique”, a ajouté M. Nitouche.
Biotechnologies : un défi d’expertise
pour l’expert, l’essor des biotechnologies, notamment dans les domaines de l’oncologie, des maladies immunologiques et des pathologies rares, renforce l’urgence de structurer une expertise nationale capable d’évaluer ces produits complexes.
“Anticorps monoclonaux, insulines et autres thérapies innovantes nécessitent des compétences pointues pour analyser les dossiers d’enregistrement et comparer ces traitements aux produits de référence déjà présents sur le marché international”, a t-il expliqué.
Ce qui permettra, a- t-il souligné, de garantir la qualité des médicaments mis à disposition des praticiens et des patients, tout en favorisant la constitution d’un portefeuille national de produits à forte valeur thérapeutique.
Djamila Kourta
