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​Santé au travail en Algérie : Vers un plan national stratégique à l'horizon 2030

​Santé au travail en Algérie : Vers un plan national stratégique à l’horizon 2030

 ​Le ministère de la Santé a lancé, ce lundi,  les travaux d’élaboration du Plan National Stratégique de Santé en Milieu Professionnel (2026-2030). Ce projet ambitieux place la prévention et la protection des travailleurs au cœur de la relance économique nationale.

C’est au nom du ministre de la Santé, le Pr Mohamed Seddik Aït Messaoudène, que le Chef de Cabinet, le Dr Khalil Reda Hadj Mati, a inauguré ce séminaire-atelier à l’hôtel AZ Zéralda. Réunissant des experts de la Commission nationale de médecine du travail ainsi que des représentants de l’OMS, de l’OIT et de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, cette rencontre de trois jours vise à définir une feuille de route pour les quatre prochaines années.

​Pour le ministre, la santé au travail n’est plus un luxe, elle est devenue un pilier fondamental des politiques publiques, avec un impact direct sur la productivité et la stabilité sociale.

Prévention des cancers et risques chimiques : les priorités

​ Le futur plan stratégique national marque une rupture avec les approches traditionnelles en privilégiant une vision intégrée de la santé, qui dépasse désormais la simple gestion des accidents du travail.

Cette nouvelle feuille de route place la lutte contre les cancers professionnels au sommet de ses priorités, avec pour objectif de renforcer considérablement les dispositifs de dépistage précoce et d’assurer un suivi médical rigoureux pour tous les travailleurs exposés à des substances cancérogènes.

​Par ailleurs, un accent particulier est mis sur le contrôle strict des substances toxiques à travers l’établissement de nouvelles normes nationales définissant les limites d’exposition professionnelle.

Cette mesure vise à protéger les employés contre des risques graves, notamment neurologiques, hématologiques et reproductifs, souvent liés à des expositions prolongées en milieu industriel.

​Enfin, cette approche globale intègre une dimension humaine essentielle en plaçant la protection de la santé mentale au cœur des préoccupations.

Le plan prévoit ainsi d’inscrire le bien-être psychologique comme une composante indissociable de la santé au travail, tout en renforçant les stratégies de lutte contre les maladies chroniques au sein même des environnements professionnels.​

Une coordination multisectorielle indispensable

​L’un des enjeux majeurs de ce plan 2026-2030 est la création d’une synergie entre les différents départements ministériels. Le secteur de la Santé ne peut agir seul ; une coordination étroite avec les secteurs du Travail, de l’Environnement, de l’Énergie et de l’Industrie est prévue pour garantir que les lieux de production respectent les standards internationaux.

L’appui international de l’OMS

​Présent lors de l’ouverture, le représentant de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en Algérie, le Dr Phanuel Habimana, a salué cet engagement. Il a insisté sur l’importance d’améliorer la collecte des données pour mieux documenter les maladies professionnelles et orienter les décisions politiques.

​« L’investissement préventif en santé au travail réduit l’absentéisme et consolide la cohésion sociale », a-t-il rappelé, soulignant que l’Algérie dispose déjà d’un cadre juridique solide pour réussir cette transformation.

​Les experts se pencheront durant ces trois jours sur quatre axes fondamentaux :

​Le cadre juridique et réglementaire.

​La gouvernance et le pilotage du plan.

​Le système d’information et de surveillance.

​La formation et la sensibilisation des acteurs.

​Les recommandations issues de cet atelier serviront de socle au texte final qui régira la santé en milieu professionnel jusqu’en 2030.

Rania N.

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