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«Un lunch box séduisant peut cacher une alimentation vide de nutriments»

«Un lunch box séduisant peut cacher une alimentation vide de nutriments»

À l’occasion de la rentrée scolaire, le ministère de l’Éducation a choisi de placer la santé et la nutrition au cœur du cours inaugural. Une décision qui répond à une réalité préoccupante : les mauvaises habitudes alimentaires des enfants prennent de l’ampleur et pèsent lourdement sur leur santé. Et derrière la mode du « lunch box », pourtant séduisante et pratique, se cachent souvent des repas déséquilibrés. La nutrithérapeute, Dr Chahida Boudermine tire la sonnette d’alarme.

Une boîte jolie… mais vide de nutriments

Le lunch box est devenu un accessoire incontournable dans le cartable des élèves. Coloré, pratique, parfois même design… il séduit parents et enfants. Mais son contenu raconte une autre histoire.

«Le problème n’est pas la boîte en elle-même mais ce qu’elle contient. Trop souvent, on y retrouve des produits transformés : biscuits industriels, chips, jus colorés, friandises. Bref, des calories vides», déplore Dr Boudermine.

Ces produits, selon elle, ne peuvent même pas être considérés comme des aliments. «Ce sont des produits, pas de la nourriture. Ils n’apportent aucune valeur nutritive et provoquent des effets néfastes dès l’enfance», a-t-elle affirmé.

La nutrithérapeute, Dr Chahida Boudermine

Les dégâts visibles dès le primaire

La consommation régulière de ces produits entraîne des conséquences immédiates : caries dentaires, irritabilité, hyperactivité, baisse de concentration, et surtout une dépendance au sucre.

Le danger ne s’arrête pas là. «L’obésité infantile s’installe de plus en plus tôt. Elle ouvre la voie à des maladies métaboliques graves : diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, sans oublier les retards de croissance », alerte la spécialiste.

Écoles et parents : un rôle partagé

Pour Dr Boudermine, la solution passe par une double action : Une sensibilisation à l’école. «Les établissements devraient organiser des journées de formation et de sensibilisation avec des experts pour guider parents et élèves vers de meilleures pratiques alimentaires », souligne la spécialiste.

Une responsabilisation des parents : « Ce ne sont pas les enfants qui éduquent les parents, mais l’inverse. Les adultes doivent expliquer les méfaits des produits transformés et surtout montrer l’exemple. Les enfants comprennent très bien, surtout lorsqu’ils participent eux-mêmes à la préparation des repas. »

Pas d’interdiction totale, mais un équilibre

La nutritionniste nuance son discours. «Les sucreries ne doivent pas disparaître totalement, mais leur consommation doit rester occasionnelle. L’enfant ne doit pas être frustré, mais il doit apprendre que ces produits ne font pas partie de son alimentation quotidienne», a-t-elle indiqué.

Et d’ajouter : « Même si le pouvoir d’achat peut limiter certains choix, il existe toujours des alternatives saines et accessibles. La priorité est de diffuser une véritable culture de l’alimentation équilibrée pour prévenir l’apparition de nouvelles maladies, notamment immunitaires.»

Résultat : derrière les jolies boîtes colorées se cachent trop souvent des « bombes sucrées». La vigilance des parents et l’implication des écoles sont essentielles pour transformer le lunch box en véritable allié santé plutôt qu’en piège nutritionnel.

Ce que devrait contenir une vraie lunch box

Pour être bénéfique, un lunch box équilibré doit inclure :
une source de protéines (œufs, fromage, viande maigre, poisson, légumineuses), des féculents complets (pain complet, riz, pâtes), des fruits et légumes frais, un produit laitier, et surtout de l’eau, au lieu des boissons sucrées.

Rania N.

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