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Test de dépistage de drogues : Les biologistes réclament un cadre réglementaire clair

Test de dépistage de drogues : Les biologistes réclament un cadre réglementaire clair

Alors que les pouvoirs publics envisagent d’inclure les tests de dépistage de drogues dans les établissements scolaires et au sein des institutions de travail, le Syndicat algérien des laboratoires d’analyses médicales (SALAM) se dit favorable à cette démarche de santé publique, mais alerte sur l’absence d’un encadrement technique et juridique.

 Lors de la 4ᵉ édition de « Salam Days 2025 », tenue à l’hôtel El Aurassi à Alger, le président du syndicat, le Dr. Ali Bendjama, a insisté sur la nécessité de définir des règles claires pour la réalisation et l’interprétation des tests de dépistage de drogues. Ce cadre juridique est, en effet, indispensable pour protéger à la fois les laboratoires, les patients et les personnels concernés.

Des analyses sensibles, aux conséquences lourdes

Ces analyses, explique-t-il, « peuvent entraîner des conséquences graves, comme le licenciement d’un employé ou l’exclusion d’un élève », si elles sont mal encadrées ou interprétées à la hâte.

Selon lui, certains tests de détection de substances psychoactives peuvent donner des résultats faussement positifs, sans lien avec une consommation réelle. D’où l’importance d’un travail concerté entre biologistes, experts et pouvoirs publics, pour garantir la fiabilité scientifique et la crédibilité juridique des tests.

Mettre fin au désordre dans le secteur des analyses médicales

Le syndicat « SALAM » a également réitéré son appel à une intervention urgente du ministère de la Santé afin de mettre fin aux pratiques illégales d’analyses médicales menées par des structures non agréées : salles de soins, pharmacies, cliniques privées ou centres de diagnostic dépourvus de biologistes qualifiés.

Ces pratiques, jugées dangereuses et concurrentielles de manière déloyale, menacent selon Bendjama la qualité et la sécurité des analyses médicales réalisées en Algérie.

Les maladies rares au cœur des priorités

Évoquant le cas des maladies rares, le président du syndicat a annoncé des projets de création de laboratoires de référence capables de réaliser localement des analyses sanguines et génétiques, aujourd’hui souvent envoyées à l’étranger.

Il plaide pour une coopération accrue entre les secteurs public et privé afin de mutualiser les moyens et de réduire les coûts d’importation des réactifs et équipements nécessaires à ces analyses complexes.

«Les laboratoires privés ne peuvent pas supporter seuls le coût des analyses des maladies rares. Il faut encourager la recherche et l’innovation locales pour développer nos propres outils de diagnostic», a souligné Bendjama.

Vers une actualisation de la liste des analyses remboursées

De son côté, le Dr. Adel Aggoune, vice-président du syndicat, a appelé à actualiser la liste des analyses médicales remboursées par la sécurité sociale, toujours fondée sur le décret de 1983.

Une mise à jour s’impose, selon lui, pour répondre à l’évolution des techniques de biologie médicale et rééquilibrer les coûts à la charge du patient.

« Depuis quarante ans, le paysage des analyses a radicalement changé. Certaines ont disparu, d’autres sont devenues indispensables. Les prix, eux, se sont envolés », a-t-il rappelé.

Pour le syndicat « SALAM », cette révision contribuerait également à limiter la concurrence déloyale et à assainir le marché des analyses médicales en Algérie.

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