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Sommet national de l’ASHPE : Définir un circuit patient intégré

Sommet national de l’ASHPE : Définir un circuit patient intégré

La société algérienne des politiques et de l’économie de la santé (ASHPE) a organisé, hier à Alger, son premier sommet national, consacré à l’examen de plusieurs enjeux sanitaires prioritaires et à la réflexion autour des leviers de renforcement du système de santé.

A l’ouverture des travaux, le président de l’ASHPE, le professeur Kamel Mansouri, a indiqué que cette rencontre vise à mettre en lumière des problématiques sanitaires concrètes et à attirer l’attention des décideurs et des experts sur la nécessité d’approches coordonnées et fondées sur l’analyse.

Définir un circuit patient intégré

Il a précisé que la première thématique abordée portait sur le parcours du patient en oncologie, réunissant des spécialistes de différentes disciplines, du diagnostic radiologique à la prise en charge clinique, en passant par la thérapeutique, la radiothérapie et la médecine nucléaire.

L’objectif est, a-t-il expliqué, de définir un circuit patient intégré afin d’améliorer l’efficience du système et de réduire les délais de prise en charge.

Accompagner la transition épidémiologique

Il a, par ailleurs, évoqué la politique pharmaceutique nationale, indiquant que les échanges ont porté sur les moyens de renforcer la production locale afin d’accompagner la transition épidémiologique et de répondre aux besoins croissants liés aux maladies chroniques et émergentes. Ces thématiques, a-t-il relevé, traduisent la complexité du système de santé et appellent à un travail continu.

À l’issue de son intervention, il a exprimé le souhait que les conclusions de ce sommet débouchent sur une feuille de route scientifique et opérationnelle visant à améliorer la prise en charge du patient algérien.

L’université, pilier de la performance du système de santé

Prenant la parole, le recteur de l’Université des sciences de la santé (USS), Moudjahid « Youcef Khatib », le professeur Merzak Gharnaout, a affirmé que l’université constitue un pilier fondamental de tout système de santé performant, en raison de son rôle dans la formation des ressources humaines, la recherche scientifique et la production du savoir.

Il a estimé que ce sommet représente un espace de convergence entre réflexion académique, expertise de terrain et analyse prospective, soulignant qu’aucune réforme crédible du système de santé ne peut être envisagée sans un appui solide sur la science, la recherche et l’analyse rigoureuse des données.

Le Pr Gharnaout a mis en avant le rôle des politiques de santé et de l’économie de la santé comme passerelles entre la connaissance scientifique et la décision publique, dans un contexte marqué par la complexité croissante des arbitrages entre exigences médicales, contraintes économiques, équité d’accès aux soins et soutenabilité du financement.

Vers une gouvernance sanitaire fondée sur l’anticipation et la souveraineté

Pour sa part, le conseiller du Président de la République, le professeur Kamel Sanhadji, président de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS), a estimé que le développement du système de santé ne peut plus se limiter à la réponse immédiate aux besoins, mais doit s’inscrire dans une approche prospective intégrant les dimensions économique, scientifique et institutionnelle.

Prévention et coopération scientifique

Il a insisté sur la nécessité de doter les décideurs d’outils d’aide à la décision fondés sur des analyses sanitaires et économiques rigoureuses, considérant que l’économie de la santé constitue un levier central pour rationaliser les dépenses et améliorer l’allocation des ressources.

Abordant les enjeux de souveraineté sanitaire, il a souligné l’importance du renforcement de la production nationale de médicaments et de dispositifs médicaux, de l’augmentation du taux d’intégration locale, ainsi que de l’ancrage durable de la prévention au cœur des politiques publiques, qualifiée d’investissement stratégique à fort impact sanitaire, social et économique.

Il a enfin plaidé pour un renforcement de la coopération entre l’ANSS, le monde académique et la recherche scientifique afin de consolider la synergie entre expertise et décision publique.

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