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Boudis Abdelhakim, Professeur à la faculté de pharmacie d’Alger et expert en industrie pharmaceutique

Pr Boudis Abdelhakim: «Le médicament algérien répond aux standards internationaux»  

Dans cet entretien, Boudis Abdelhakim, Professeur à la faculté de pharmacie d’Alger et expert en industrie pharmaceutique soutient mordicus que les produits pharmaceutiques fabriqués localement ou importés font systématiquement, l’objet de contrôle à toutes les étapes du process de fabrication. « Les médicaments mis sur le marché national sont ceux remplissant les critères de sécurité, d’efficacité et de qualité », rassure-t-il en marge des travaux de la journée nationale de la SORP placée sous le théme ” La qualité dans les métiers de la pharmacie.”

Interview réalisée par B. K.

La qualité demeure un enjeu majeur dans les différentes phases du process de fabrication des produits pharmaceutiques. Ce paramètre est pris en compte par les divers intervenants dans le secteur du médicament à travers l’importance qu’ils accordent aux bonnes pratiques de leurs activités. En tant qu’acteur du marché, penseriez-vous que ce volet est pris en charge suffisamment en Algérie ?

Le secteur industriel doit rassurer le patient algérien quant à la qualité des médicaments qu’ils soient fabriqués localement ou importés. Une chose est certaine, un contrôle rigoureux s’effectue dès la réception des matières premières importées jusqu’à la conception du produit fini voire la distribution et la dispensation au sein des pharmacies d’officines.

Le processus de surveillance tient compte aussi des aspects liés à l’homologation des fournisseurs des intrants. C’est dire que tous les pare-chocs requis pour le contrôle, ont été instaurés par les autorités compétentes dont le Ministère de l’industrie pharmaceutique (MIP) et l’agence du médicament (ANPP) à commencer par le volet réglementaire qui a été actualisé et aligné sur les standards internationaux.

Les médicaments mis sur le marché national sont ceux remplissant les critères de sécurité, d’efficacité et de qualité. Mieux, nous travaillons davantage sur la disponibilité de façon continue et constante des produits pharmaceutiques.

La production nationale ne peut être mesurée au nombre d’usines opérationnelles -quoique c’est important- mais par la qualité du produit proposé aux malades.

Une session a été même consacrée par les organisateurs de la journée nationale à la qualité du médicament, intitulée : « la qualité au service des patients ». Peut-on connaitre les quelques recommandations qui devraient sanctionner les travaux de cette table ronde ?

Quand on parle de qualité, l’on évoque de manière systématique, le produit fini. Or, pour arriver à cet objectif final de production, en elle-même, plusieurs étapes doivent être franchies avec brio, au préalable notamment la réception des intrants, la conception du produit fini, le stockage, le transport, la distribution, la dispensation.

Ce qui implique l’intervention de plusieurs acteurs dont des experts, des représentants de l’autorité compétente, de laboratoires pour un retour d’expérience, des universitaires… y compris le patient qui doit, lui-aussi, participer à l’amélioration de la qualité du produit mis sur le marché en prenant part aux actes liés à la pharmacovigilance ou la matériovigilance.

Nous devons souligner, par ailleurs, l’impératif d’introduire l’Intelligence artificielle (IA) générative dans les aspects liés à la gestion, la distribution des médicaments ou des dispositifs médicaux.

Quels sont les aspects à développer, au mieux, pour atteindre les standards internationaux requis en matière de bonnes pratiques de fabrication, de distribution, la qualité des produits pharmaceutiques et dispositifs médicaux ?

Nous avons déjà fixé des standards dans le secteur du médicament. Ils sont,  peut-être obsolètes ou renouvelés mais ils existent bel et bien en Algérie.

Car, il faut savoir que le médicament évolue dans un terrain réglementé, que ce soit par les normes internationales ou les lois et textes réglementaires algériens, en comparaison à d’autres fabrications telles que l’agroalimentaire, les cosmétiques…

Par ailleurs, un grand workshop a été mis en place dans le but d’actualiser les textes. Nous sommes en phase de finalisation. Nous nous sommes engagés également dans le projet de maturité de niveau trois de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui constitue une véritable valeur ajoutée par rapport aux méthodes de fabrication de médicament dans notre pays qui, faut-il le souligner, est destiné au marché local mais reste en mesure d’aller concurrencer les autres produits au-delà des frontières.

 Quelle est votre appréciation de la qualité du produit pharmaceutique fabriqué en Algérie ?

En tant qu’expert et acteur sur le marché national, j’engage ma parole pour dire que le produit fabriqué en Algérie répond aux standards nationaux et internationaux.

Nous nous n’adonnons jamais à un bradage de ce type de produits très sensible qui, faut-il le rappeler, fait systématiquement l’objet de contrôle au niveau de chaque maillon de la chaine de production.

B. K.

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