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Politiques de santé et régulation du marché du médicament : L’évaluation médico-économique, l’autre urgence sanitaire

Politiques de santé et régulation du marché du médicament : L’évaluation médico-économique, l’autre urgence sanitaire

​Le premier congrès national de l’Association algérienne des politiques et de l’économie de la santé s’est ouvert ce vendredi à Alger. Des Experts plaident pour une rupture avec la gestion court-termiste et l’adoption de choix basés sur les preuves scientifiques.

​Comment concilier l’impératif d’accès aux soins de qualité, l’explosion des coûts de l’innovation thérapeutique et les contraintes budgétaires de l’État ? C’est à cette équation complexe que tentent de répondre les experts, chercheurs et décideurs réunis depuis ce vendredi à l’École supérieure d’hôtellerie et de restauration (ESHRA) d’Alger, à l’occasion du premier Congrès national de l’Association algérienne des politiques et de l’économie de la santé.

​Placée sous le haut patronage du ministère de la Santé, cette rencontre de deux jours, intitulée « Les politiques de santé et l’évaluation économique du médicament : défis et perspectives », intervient dans un contexte de transition épidémiologique et démographique majeure pour le pays.

Sortir du pilotage à vue

​Pour le Pr Kamel Mansouri, président de l’association, l’économie de la santé ne doit plus être perçue comme une simple discipline académique, mais comme un « véritable outil d’aide à la décision ». Les mutations actuelles imposent, selon lui, une rupture avec les anciens schémas de gestion.

​« L’évolution du profil épidémiologique de la population, l’introduction de thérapies innovantes de plus en plus coûteuses et les tensions sur les budgets publics exigent une nouvelle gouvernance sanitaire », a-t-il soutenu lors de son allocution inaugurale.

Le responsable a souligné que le recours aux évaluations médico-économiques permet non seulement d’optimiser l’allocation des ressources, mais aussi d’améliorer l’efficacité des politiques publiques et de garantir une meilleure qualité des soins au bénéfice des patients. Dans ce contexte, il a plaidé pour une prise de décision reposant sur des données probantes afin de renforcer la résilience, l’équité et la durabilité du système national de santé.

Un espace de propositions pour refonder le système

Le congrès se veut ainsi une plateforme d’échange scientifique consacrée aux enjeux de l’évaluation économique du médicament, de l’élaboration des politiques de santé et de la gouvernance des systèmes sanitaires. Les participants sont appelés à partager leurs expériences, confronter leurs travaux de recherche et proposer des solutions innovantes susceptibles d’améliorer les mécanismes de décision et la performance du secteur.

Au-delà des débats techniques, l’enjeu est aussi de structurer la recherche nationale en économie de la santé et de décloisonner les différents acteurs — universités, gestionnaires d’hôpitaux, industriels de la pharmacie et autorités de régulation.

Le Pr Mansouri a enfin exprimé son souhait que les recommandations issues de ce premier conclave ne finiront pas dans les tiroirs, mais déboucheront sur des «mesures concrètes» à même d’accompagner les réformes en cours. À l’heure où l’Algérie cherche à moderniser son système de soins, l’intégration des critères médico-économiques s’impose désormais comme le chaînon manquant pour une prise en charge optimale et pérenne de la population.

Rania N.

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