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 Pénuries de médicaments : Une plateforme numérique pour une visibilité en temps réel

 Pénuries de médicaments : Une plateforme numérique pour une visibilité en temps réel

 Face aux tensions récurrentes du marché pharmaceutique, l’Algérie renforce son dispositif de gestion des stocks pour anticiper et prévenir les pénuries. Dans cette optique, le ministère de l’Industrie pharmaceutique lance une plateforme numérique en partenariat avec le Haut-Commissariat à la numérisation, a annoncé Dr Imène Belabbas, directrice centrale de la pharmaco-économie au ministère de l’industrie pharmaceutique.

Cet outil innovant détecte rapidement les ruptures potentielles et adapte la production locale en conséquence. « Grâce à cette plateforme, nous bénéficions d’une visibilité en temps réel sur les tensions d’approvisionnement, ce qui nous permet d’orienter efficacement la fabrication nationale et d’éviter les ruptures critiques », explique la responsable.

La mise en place de ce système numérique garantit une traçabilité complète du circuit du médicament, depuis l’importation des matières premières jusqu’à leur administration aux patients.

Parallèlement, cette initiative soutient la production locale de certains médicaments génériques, notamment les collyres, dont la disponibilité souffre des tensions mondiales. En localisant leur fabrication en Algérie, le gouvernement réduit les risques de rupture et assure un accès continu aux traitements essentiels.

Ces fluctuations provoquent des ruptures de stocks en Algérie, générant des tensions sur certains médicaments. « Ces tensions affectent plusieurs pays, et l’Algérie n’y échappe pas », souligne la responsable.

Elle insiste sur la nécessité d’encourager la fabrication locale et d’accélérer la production des matières premières, encore dominée par la Chine et l’Inde.

Vers une autonomie renforcée et un positionnement international

Avec ces avancées technologiques et industrielles, l’Algérie vise non seulement à garantir une couverture nationale optimale en insuline et autres médicaments essentiels, mais aussi à s’imposer comme un acteur majeur sur le marché international. L’exportation récente d’insuline vers l’Arabie saoudite illustre cette ambition de réduire la dépendance aux importations et de valoriser l’industrie pharmaceutique nationale.

Par ailleurs, et conformément aux directives du président de la République, l’Algérie priorise le développement de son industrie pharmaceutique afin de sécuriser son autonomie en matière de production de médicaments, affirme Imène Belabbas.

L’objectif principal consiste à localiser la fabrication des médicaments, encore fortement dépendante des matières premières importées, dont les prix fluctuent sur le marché mondial. Ces variations alimentent les pénuries et tensions d’approvisionnement, comme c’est le cas pour certains produits, dont les collyres.

Vers une production locale des matières premières

Pour réduire ces difficultés, la solution réside dans l’amplification de la fabrication locale et la mise en place d’une production nationale de matières premières, un secteur actuellement dominé par la Chine et l’Inde. La crise sanitaire liée à la Covid-19 a révélé l’urgence pour l’Algérie de développer sa propre capacité de production afin de sécuriser son approvisionnement et renforcer sa souveraineté pharmaceutique.

Des  centres de bioéquivalence et  d’essais cliniques en cours

Dans cette dynamique, plusieurs projets émergent pour réduire la dépendance aux importations, accroître les capacités nationales et garantir un accès régulier aux médicaments. Mme Belabbas précise que les efforts actuels portent sur la fabrication locale des matières premières et des intrants, l’adoption de technologies avancées et la modernisation du secteur pharmaceutique.

En parallèle, l’Algérie met en place un centre d’essais cliniques, axé notamment sur les études de bioéquivalence, essentielles pour assurer la conformité des médicaments produits localement.

Linda Ima

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