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Lutte contre le cancer : Une journée d’étude à l’APN

La lutte contre le cancer a été au cœur d’une journée d’étude  organisée mardi à l’Assemblée Populaire Nationale (APN) . Une journée qui a réuni des responsables des pouvoirs publics, des professionnels du secteur médical et pharmaceutique ainsi que des acteurs de la société civile. Plusieurs recommandations ont été formulées pour améliorer la prévention et la prise en charge du cancer en Algérie.

Dans son exposé, le président de la commission nationale de lutte et de prévention du cancer, Pr Adda Bounedjar, a mis l’accent sur la nécessité de d’établir un programme national de dépistage organisé, qui inclut non seulement le cancer du sein, qui est le premier cancer féminin, mais aussi le cancer colorectal, de la prostate et du col de l’utérus.

Sur le plan de la prévention, Pr Bounedjar a recommandé de renforcer les programmes de prévention en s’attaquant aux facteurs à haut risque, tel l’augmentation des prix du tabac et de l’alcool, la sensibilisation dans les écoles et l’introduction du vaccin contre le Papillomavirus humain (HPV), responsable du cancer du col de l’utérus, dans le programme national de vaccination.

Concernant le cancer infantile, il a souligné la nécessité de développer de nouvelles unités de transplantation de moelle osseuse et d’assurer un approvisionnement constant en médicaments contre les cancers du sang.

Une pression financière sur le système de santé

De son côté, le président de l’Association nationale des pharmaciens algériens, Mouad  Tabainet, a affirmé que “l’Algérie fait face à de grands défis en matière de financement et de sécurisation des traitements contre le cancer”. Il a souligné que le cancer est la deuxième cause de mortalité en Algérie, après les maladies cardiovasculaires, avec 58.418 nouveaux cas enregistrés en 2020, et 32.000 décès.

La pression financière sur le système de santé s’accentue en raison de l’augmentation de la durée de vie moyenne et de l’évolution des modes de vie”, a-t-il expliqué. Il a souligné que “malgré l’augmentation du budget alloué au ministère de la santé de 12% en 5 ans, le financement nécessite une réforme profonde du système qui lui est lié“.

Renforcer le contrôle sur les produits cancérigènes

A la suite de cette journée d’étude, la commission santé à l’APN a formulé plusieurs recommandations, dont nous citons l’essentiel. Concernant le contrôle des produits alimentaires, le texte recommande de surveiller les doses recommandées pour certains produits chimiques cancérigènes. Pour ce faire, il recommande l’installation de laboratoires modernes pour contrôler les produits qui transitent par les aéroports et les ports. Il recommande également la création de laboratoires de contrôle des produits agricoles, en particulier des engrais, des compléments alimentaires et des vaccins, ainsi qu’un contrôle sévère sur l’usage des insecticides et des additifs alimentaires. Il invite également le secteur privé à prendre ses responsabilités et à contribuer aux efforts de prévention et de contrôle.

En outre, il recommande d’augmenter la sensibilisation à travers des campagnes nationales pour promouvoir un mode de vie sain, incluant la pratique du sport, une alimentation équilibrée, et de diminuer la consommation de boissons sucrées.

Sur le plan du dépistage et de la prise en charge, il recommande l’élaboration de programmes nationaux de dépistage précoce des cancers les plus fréquents, d’améliorer les mécanismes de diagnostic et de prise en charge dans les hôpitaux publics, d’installer un système de gestion de la disponibilité des médicaments pour éviter toute rupture de stock, ainsi que de garantir le remboursement des médicaments par la CNAS, afin de faciliter l’accès aux traitements pour tous.

Enfin, il recommande d’encourager les partenariats public-privé pour améliorer la qualité des services, d’encourager la recherche, d’intégrer la numérisation dans l’échange de l’information médicale, de créer de nouvelles unités de soins dans toutes les wilayas du pays, ainsi que des unités de prise en charge des patients en stade final de la maladie, avec un accompagnement similaire à celui des maisons de retraite.

Yamina Baïr

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