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Lutte contre le cancer colorectal : Le dépistage, l’arme efficace

Le cancer colorectal connaît une évolution rapide et importante, devenant la troisième cause de décès en Algérie. Avec plus de 7524 nouveaux  cas enregistrés chaque année, selon le registre national, des cancers, la wilaya d’Alger cumule à elle seule près de la moitié des nouveaux cas enregistrés dans la région Centre.

Selon les chiffres présentés, ce mardi, à l’Institut de Santé Publique, le cancer colorectal est en évolution depuis le début des années 2000. En 2022, 4 155 nouveaux cas ont été diagnostiqués chez les hommes et 3 369 nouveaux cas chez les femmes.

Actuellement, il représente 18 % de l’ensemble des cancers chez l’homme, avec une incidence de 18,1 cas par an pour 100 000 hommes, et 11,8 % des cancers chez la femme, avec une incidence de 15,1 cas par an pour 100 000 femmes.

«L’incidence du cancer colorectal est plus importante à partir de l’âge de 50 ans. L’incidence a été enregistrée chez les hommes âgés de 70 à 74 ans, et chez les femmes âgées de 75 ans», précise Dr A. Bouhraoua.

La wilaya d’Alger représente un nombre très important de cas de cancer colorectal, selon les chiffres présentés par Dr A. Bouhraoua. Sur le registre national du cancer, réparti en trois régions sanitaires, la wilaya d’Alger représente 45,5% du total de la région Centre, qui regroupe 13 wilayas.

En 2022, 1 124 nouveaux cas de cancer colorectal ont été enregistrés à Alger, selon le registre des tumeurs d’Alger. Ce chiffre représente 13,6 % du total des différents cancers observés dans la même wilaya.

Les facteurs de risque

Les principaux facteurs de risque sont : l’âge, la présence d’antécédents familiaux de cancer colorectal et la présence de maladies inflammatoires tel le syndrome de Lynch, la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. Des prédispositions génétiques comme le syndrome de Lynch et l’adénomatose familiale sont également des facteurs de risque, explique Dr A. Bouhraoua.

Il existe également des facteurs liés au mode de vie de l’individu tel le surpoids et la sédentarité, ainsi que les mauvaises habitudes alimentaires comme la consommation d’aliments transformés, la surconsommation de viande et de charcuteries, une faible consommation de fibres, la consommation d’alcool et de tabac, etc.

La colposcopie peut sauver des vies

Le cancer colorectal peut guérir s’il est diagnostiqué précocement. Pr Myriem Belloul, chef de service gastro-entérologie au CHU Khelil Amrane (Béjaïa), explique qu’il existe des signes avant-coureurs qu’il ne faut pas négliger et qui nécessitent une consultation chez le médecin. Elle cite : un changement du transit habituel, des saignements extériorisés, de la diarrhée, un sang noirâtre dans les selles, des douleurs abdominales, ou un syndrome rectal. Elle ajoute qu’il peut également y avoir des signes urinaires, comme des infections urinaires à répétition.

Selon elle, un dépistage précoce par un examen de colposcopie et un test de selles sont nécessaires pour détecter les lésions précancéreuses et augmenter les chances de guérison.  Elle ajoute qu’un dépistage organisé et ciblé pourrait réduire sensiblement la mortalité.

Yamina Baïr

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