La maladie rénale chronique constitue un sérieux problème de santé publique et elle est en pleine expansion à l’échelle mondiale. Un adulte sur 10 souffre d’une affection rénale, soit près de 850 millions de personnes et causant entre 5 et 11 millions de décès chaque année. L’OMS prévoit une augmentation de la prévalence de la maladie rénale chronique de 17% dans les 10 ans à venir tout en soulignant l’urgence d’une prise de conscience.
A l’occasion de la journée mondiale du rein placée sous le thème : « Vos reins vont-ils bien ? « Détecter tôt pour protéger la santé rénale ? », Pr Leila Belkacemi néphrologue à l’hôpital Nefissa Hamoud ex parnet, revient sur l’importance d’une détection précoce de la maladie afin de réduire l’impact de cette maladie sur la santé rénale. Les reins ont un rôle important dans l’organisme pour filtrer les déchets et du sang et réguler l’équilibre hydrique et minéral.
L’altération de ces organes causée par l’hypertension, le diabète, l’obésité et autres facteurs conduit à une insuffisance rénale avancée nécessitant une dialyse ou une greffe.
«Il s’agit d’une pathologie qu’ on voit tous les jours que ce soit en consultation ou aux urgences. Une moyenne d’un à deux patients arrivent en hémodialyse terminale, par jour à l’hôpital sans parler des cas de formes aiguës qu’on arrive à stabiliser» alerte Pr Belkacemi.
«Ces patients sont pris en charge à des stades très avancés avec un mauvais pronostic fonctionnel. Ce sont souvent des patients qui ont fait le tour des services des différents hôpitaux pour enfin arriver chez le spécialiste en néphrologie et souvent trop tard», déplore Pr Belkacemi.
Ne pas négliger les premiers symptômes de cette maladie rénale, qui est silencieuse à savoir la présence des protéines dans les urines, albuminurie, ou de sang, hématurie, les prendre au sérieux recommande Pr Belkacemi. Devant ces premiers signes, le médecin généraliste doit expliquer au patient qu’il s’agit d’une maladie rénale, l’orienter pour une exploration voire une prise en charge : «Les patients diabétiques et hypertendus et les personnes souffrants d’obésité sont les exposés à développer une maladie rénale chronique d’où l’importance d’être très vigilant avec ces patients», a- t-elle souligné.
En plus de ces symptômes, les œdèmes, la fatigue, l’enflement anormal des yeux, modification de la couleur des urines sont les signaux d’une maladie rénale a-t-elle encore signalé et de conseiller de faire un bilan rénal annuel même pour qui ne sont pas atteintes d’une pathologie chronique. «Le diagnostic précoce permet ainsi d’assurer une prise en charge adaptée, freiner l’évolution et éviter la dialyse», a-t-elle ajouté.
La maladie rénale chronique touche de plus en plus les jeunes s’alarme Pr Belkacemi. Elle explique que parfois des patients arrivent à l’hôpital en insuffisance rénale terminale sans étiologie connue. L’usage de la drogue, consommation des herbes pour la perte de poids et des substances protéinées et énergisante dans les salles de sports pour la musculation sont à l’origine de ces atteintes rénales. Elle met en garde justement contre ces produits.
Elle plaide, ainsi, pour une large sensibilisation du large public contre cette maladie et renforcer la médecine du travail dans les entreprises pour une meilleur prévention et des diagnostic précoces des employés.
Djamila Kourta
