À l’occasion de la conférence « Santé et Souveraineté – L’Axe Algéro-Allemand pour une Industrie Pharmaceutique Nationale Forte », organisée par la Chambre Algéro-Allemande de Commerce et d’Industrie – AHK Algérie », autour de la santé et de la souveraineté sanitaire, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a appelé à faire évoluer le partenariat algéro-allemand vers le transfert de connaissances, la maîtrise des technologies et le développement de capacités industrielles durables.
Au-delà de la fabrication locale, l’enjeu est désormais de renforcer les compétences nationales et de favoriser l’accès aux technologies innovantes.
Parmi les projets illustrant cette dynamique figure le partenariat entre le groupe public Saidal et le laboratoire allemand Boehringer Ingelheim. Celui-ci prévoit la localisation de la production de traitements innovants contre la fibrose pulmonaire rare et avancée, de médicaments innovants dans le domaine du cancer du sein, ainsi que de médicaments biosimilaires.
Pour Ouacim Kouidri, cette coopération constitue une étape importante dans la localisation des médicaments innovants et le renforcement des capacités nationales en matière de technologies et d’innovation. Le ministre a réaffirmé l’engagement de son département à accompagner ce type de partenariats et à encourager les investissements productifs, avec un double objectif : améliorer la disponibilité des traitements modernes sur le marché national et ouvrir de nouvelles perspectives à l’exportation, notamment vers les marchés africains.
Une couverture locale de 82 % des besoins en médicaments
Le développement de ces partenariats intervient dans un contexte de consolidation de l’industrie pharmaceutique nationale. Selon les chiffres avancés par le ministre, la production locale couvre désormais 82 % des besoins du marché algérien en médicaments, dont 95 % grâce à une chaîne de production intégrée.
Ouacim Kouidri a souligné le rôle de cette industrie dans le renforcement de la sécurité sanitaire, mais également dans le développement économique du pays. L’enjeu consiste à consolider les acquis de la production nationale tout en franchissant un nouveau cap en matière d’innovation et de compétitivité.
Présent à cette rencontre, le vice président du CREA et PDG de Biopharm, Abdelouahed Kerrar, a estimé que l’industrie pharmaceutique algérienne abordait une nouvelle phase de son développement, dans “un contexte marqué par une dynamique positive des relations économiques entre l’Algérie et l’Allemagne”. Il a réaffirmé le soutien du CREA au rapprochement entre les entreprises des deux pays et à l’instauration d’une coopération économique et commerciale durable.

La maîtrise technologique, prochain défi du secteur
Du côté des industriels, le transfert de savoir-faire, la formation et le renforcement des capacités technologiques apparaissent comme des priorités pour accompagner cette évolution.
Boubaker Hammou, directeur du partenariat stratégique du groupe Saidal, a notamment insisté sur l’importance de la formation dans les métiers de la production pharmaceutique et de l’échange d’expertises entre les entreprises algériennes et allemandes.
Même constat du côté de Bayer Algérie. Son directeur général, M’hand Messaoudi, a relevé les progrès du tissu industriel pharmaceutique national, qui couvre aujourd’hui différentes étapes de la chaîne de valeur. Il a toutefois souligné la nécessité d’aller plus loin dans la maîtrise des technologies, la recherche et l’innovation, afin de transformer les compétences locales en avantages concurrentiels sur les marchés internationaux.
Pour sa part, Derek O’Leary, directeur régional de Boehringer Ingelheim, a réaffirmé la volonté du laboratoire allemand de développer des relations de partenariat à long terme avec les entreprises algériennes.
À travers ces différentes interventions, la conférence spécialisée, santé et souvrainté a mis en lumière les enjeux d’une nouvelle étape de l’industrie pharmaceutique algérienne : passer d’une logique de couverture des besoins du marché national à une stratégie fondée sur la maîtrise technologique, l’innovation et l’ouverture à l’exportation.
Djamila Kourta
