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Dr Fares Bachtarzi (UNOP) : “Le prix des médicaments, un enjeu stratégique pour la souveraineté pharmaceutique”

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Dr Farès Bachtarzi, représentant de l’Union nationale des opérateurs pharmaceutiques (UNOP), a affirmé jeudi à Alger que « la problématique des prix n’est pas simplement une question économique, mais un levier déterminant de l’attractivité et des mesures incitatives pour l’investissement dans la production pharmaceutique »

S’exprimant en marge du Salon des établissements de santé et de leurs services (Hospitalia Expo), lors d’une table ronde sur la souveraineté sanitaire et le développement de la production locale, Dr Bachtarzi a rappelé que «la politique des prix relève de la régulation du ministère de l’Industrie pharmaceutique et des règles d’enregistrement suivies par l’Agence nationale des produits pharmaceutiques ».

Un prix juste pour encourager l’investissement local

Pour lui, «encourager la production d’une molécule suppose de garantir à l’investisseur un prix juste et intéressant, lui assurant un retour sur investissement. Il s’agit de le rassurer sur l’efficacité et l’efficience de son engagement, car les chiffres en jeu sont importants».

Le représentant de l’UNOP a averti que « la logique actuelle de prix bas, si elle perdure, pourrait reproduire les erreurs de l’Europe. En privilégiant cette logique, le Vieux Continent a vu son industrie pharmaceutique se délocaliser massivement vers l’Asie, là où les coûts étaient les plus faibles ».

La crise du Covid-19, révélateur des fragilités industrielles

Résultat, a-t-il ajouté, « lors de la crise Covid-19, l’Europe a payé le prix fort, contrainte aujourd’hui de reconstruire son tissu industriel, non seulement pour les produits finis mais aussi pour la matière première ».

Dr Bachtarzi a rappelé qu’«avant les années 1990, certains pays européens produisaient jusqu’à 80 % de leur matière première pharmaceutique, alors qu’au moment de la pandémie, cette proportion avoisinait zéro».

Pour l’Algérie, a-t-il souligné, «il est essentiel de tirer les leçons de cette expérience et d’éviter le même schéma».

Un tissu industriel algérien à préserver et renforcer

Mettre en valeur le tissu industriel existant constitue, selon lui, une priorité : «nous parlons d’environ 200 entreprises actives dans la production pharmaceutique, qu’il s’agisse de médicaments ou de dispositifs médicaux. Pour préserver et renforcer cette base, il faut des prix non seulement justes et attractifs, mais aussi stables dans le temps».

Garantir des prix stables sur cinq ans : une solution proposée

Il a proposé que «l’État puisse garantir le maintien de ces prix sur une période de cinq ans, tandis qu’il incomberait aux entreprises d’assurer l’approvisionnement des hôpitaux et des patients».

«C’est ce débat que nous devons engager avec le ministère de l’Industrie pharmaceutique», a conclu Dr Bachtarzi, en insistant sur la nécessité de préserver un tissu industriel construit avec difficulté mais rendu possible grâce à des pouvoirs publics qui ont compris que la souveraineté pharmaceutique passe par la protection de l’industrie locale et de son marché.

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