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Droits de l'enfant : L’affection, premier rempart pour sa santé mentale

Droits de l’enfant : L’affection, premier rempart pour sa santé mentale

Le manque de communication affective au sein des familles n’est pas un simple détail. Selon des experts, il constitue une véritable menace pour l’équilibre psychologique et social des enfants.

Loin d’être une question secondaire, l’attention émotionnelle que les parents accordent à leurs enfants joue un rôle déterminant dans leur développement.

Des spécialistes en droits de l’enfant, réunis récemment à Alger sur la promotion du programme des droits de l’enfant en Algérie organisé par l’union européenne et l’UNICEF à Alger, alertent sur une tendance préoccupante : de plus en plus d’enfants souffrent d’un manque de dialogue, d’écoute et de marques de tendresse au sein de leur foyer.

Quand l’amour vaut plus que les jouets

Pour Ghassan Khalil, expert international et représentant de l’UNICEF en Grèce, les premières années de vie sont essentielles à la construction de la personnalité. «L’enfant n’a pas besoin d’argent ni de jouets autant qu’il a besoin d’une étreinte, d’un mot gentil, d’un sourire et d’une écoute», souligne-t-il.

Il met en garde contre les conséquences du désintérêt affectif, souvent lié aux pressions économiques, aux conflits familiaux ou encore à l’omniprésence des écrans. Des enfants peuvent ainsi grandir sous le même toit que leurs parents sans jamais bénéficier d’un vrai échange ou d’un geste de tendresse.

Des effets visibles sur la santé psychologique

Des études récentes montrent que les enfants privés de chaleur émotionnelle sont davantage exposés à l’anxiété, à la dépression, au manque de confiance en soi, mais aussi à des comportements agressifs ou au repli sur soi. À l’adolescence, ces fragilités peuvent favoriser des addictions ou des conduites à risque.

Pour Khalil, ce type de négligence est un « abandon invisible », aux conséquences profondes et durables.

Recréer le lien affectif

La solution n’est pas matérielle, insistent les experts : il s’agit avant tout d’accorder du temps et de l’attention sincère aux enfants. Limiter l’usage des écrans dans le foyer, valoriser les petites réussites, écouter sans juger… autant de gestes simples mais essentiels pour nourrir leur équilibre émotionnel.

De son côté, Meriem Cherfi, commissaire nationale à la protection de l’enfance, rappelle que la protection des enfants reste une priorité nationale et que l’Algérie dispose d’un cadre légal solide pour défendre leurs droits.

Mais au-delà des lois, la santé mentale des enfants commence dans la famille, par une présence affective au quotidien.

Rania N.

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