Face à une hausse rapide des cas de diabète chez les enfants et les adolescents, l’Association des diabétiques de la wilaya d’Alger tire la sonnette d’alarme. Sur le terrain, les actions de dépistage et de sensibilisation se multiplient, tandis que les spécialistes pointent un bouleversement inquiétant des modes de vie, entre alimentation déséquilibrée et sédentarité croissante.
Le phénomène ne cesse de s’amplifier dans les milieux scolaires. De l’école primaire à l’université, les campagnes de dépistage révèlent une augmentation notable des cas, souvent liés à des facteurs évitables.
«Nous observons une progression inquiétante du diabète chez les jeunes. Elle est directement liée à une hygiène de vie dégradée, marquée par une mauvaise alimentation et un manque d’activité physique», alerte Fayçal Ouahada, président de l’association.
Dans une déclaration à tdmsanteinov, M. Ouhadda affirme que le constat traduit une mutation profonde des habitudes quotidiennes, avec des conséquences sanitaires de plus en plus visibles dès l’enfance.
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Au cœur du problème, le contenu de l’assiette. Fayçal Ouhadda dénonce la consommation excessive de produits riches en sucres et en graisses : sodas, snacks industriels et restauration rapide. Des aliments qu’il qualifie de «toxines alimentaires modernes », en raison de leur impact délétère sur la santé métabolique.
Pour enrayer cette dynamique, deux axes d’intervention sont privilégiés par le conseiller en nutrition. Il d’agitation en premier lieu, du dépistage précoce, afin d’identifier les cas silencieux et prévenir les complications. Il insiste également sur l’éducation nutritionnelle, destinée à sensibiliser élèves et parents aux principes d’une alimentation équilibrée.
Boissons énergisantes : un risque sous-estimé
Autre sujet d’inquiétude, alerte M. Ouhadda, est la popularité grandissante des boissons énergisantes chez les adolescents. Riches en sucres et en caféine, elles exposent à des risques multiples, au-delà du diabète.
Selon lui, leur consommation excessive peut entraîner des troubles cardiovasculaires, avec des complications potentiellement graves, notamment chez les jeunes sportifs.
Vers un encadrement plus strict ?
Face à cette situation, certains modèles étrangers sont cités en exemple. Au Royaume-Uni, des mesures ont été prises pour limiter la présence d’aliments gras et sucrés dans les cantines scolaires.
Une telle approche, estime le président de l’association des diabétiques, pourrait contribuer, en Algérie, à instaurer un environnement alimentaire plus sain et protecteur pour les enfants.
En l’absence d’un programme national d’envergure, les acteurs de terrain insistent sur l’urgence d’agir. La prévention apparaît comme le levier le plus efficace pour freiner cette progression. «Sans action immédiate, le nombre de cas pourrait doubler dans les prochaines années», prévient Fayçal Ouahada.
Au-delà des initiatives associatives, c’est toute la société, familles, écoles et pouvoirs publics, qui est appelée à se mobiliser pour endiguer ce phénomène devenu un véritable enjeu de santé publique.
Rania N.
