L’avenir de l’innovation en Afrique concernant le développement de la Santé Numérique a fait l’objet d’un panel , ayant pour thème «E-santé et l’intégration des technologies numériques dans la santé en Afrique» lors du Digital African Summit, ICT Maghreb et ALVTIC qui s’est tenu du 23 au 25 avril au Palais de la Culture Moufdi Zakaria à Alger.
Favoriser l’avancement des technologies numériques et leur application afin de concrétiser la vision de la «santé pour tous» énoncée dans les objectifs du développement (ODD3), est une priorité au vu du manque du personnel médical et paramédical en Afrique et l’augmentation des maladies non transmissibles, ont signalé les différents intervenants de ce panel.
Quelle stratégie numérique pour l’Afrique dans le domaine de la santé ? Comment ces innovations en santé peuvent-elles changer le parcours de soins et améliorer l’accès, optimiser la gestion des ressources médicales et renforcer les systèmes de santé publique en Afrique ? Quel est l’impact de ces nouvelles technologies et solutions numériques telle que la télémédecine, les dossiers médicaux électroniques, et les applications mobiles de santé sur l’accessibilité et la qualité des soins ? Des questions auxquelles ont tenté de répondre les différents intervenants
Dr Manal Guen, fondatrice et CEO de BluOcean Consulting a planté le décors en signalant que : «36 pays africains souffrent de pénurie de personnel avec un ratio de 0,21 médecins pour 1000 habitants» et d’ajouter que «25% des maladies sont enregistrées en Afrique» avant de signaler l’Algérie est classée 4 ème en Afrique pour ce qui est du nombre de médecins par habitant.
L’explosion technologique dans le domaine de la santé apporte des solutions à de nombreux défis auxquels font face actuellement ou devront faire face, dans les prochaines années, les systèmes de santé dans le monde et en Afrique.
la téléconsultation, le dossier médical numérique du patient, la télé-radiologie, la télésurveillance médicale ainsi que la santé mobile, regroupant les objets connectés, permettent de palier à de nombreux problèmes. Pour Dr Guen, l’information et la formation sont les deux aspects fondamentaux dans le développement de la e- santé en établissement hospitalier.
Cela passe obligatoirement a-t-elle dit par «l’évaluation des capacités et des compétences accompagné d’une planification stratégique». Laquelle planification ne peut être optimale non sans «l’attraction et la rétention des talents et l’identifications des indicateurs de performance».
L’expérience du Tchad dans la télémédecine et la télé expertise présentée par Nassir Idriss Adam, coordinateur du Programme national de santé numérique du ministère de la santé et de la prévention au Tchad, spécialiste en Génie de la santé et en e-santé, illustre parfaitement cette force et l’énergie de l’innovation face aux besoins non satisfaits.
Il a expliqué que la mise en place de la télémédecine dans 5 provinces pilotes sur les 23 que compte ce pays est un exemple de modèle. « Ce qui permet de réduire les coûts et permettre aux patients d’avoir accès aux spécialistes, rapprocher les gens des provinces », a -t-il indiqué. Le programme de télémédecine financé par le PNUD est facilement transposable dans d’autres pays notamment l’Algérie, a dit Nassir Idriss ADAM.
Adel Mébarki CEO de Foresight Data Agencey en France spécialisé dans l’exploitation des données issues des médias sociaux ou de l’impact de l’intelligence artificielle, a estimé que l’IA est la technologie la plus appropriée pour développer la santé numérique en Afrique notamment en matière de diagnostic, de consultation et de traitement. Il a également avancé l’option de l’open innovation qui aidera à la transformation digitale et assurer une amélioration de la prise en charge tout en s’inscrivant dans la médecine personnalisée.
La formation des personnels et la récolte des données permettant d’avoir des data, constituent, selon Adel Mebarki, le secret de la réussite de cette transformation.
Pour atteindre tous ces objectifs, les panelistes ont insisté sur l’importance de l’investissement dans l’infrastructure et la formation, les deux préalables pour toute transformation digitale ont -ils souligné et de recommander d’améliorer les systèmes de connectivité dans les zones isolées.
La réalisation d’études épidémiologiques et médico économiques en favorisant la pluridisciplinarité est fortement recommandée. La digitalisation au service de la santé est aujourd’hui l’option pour un accès équitable aux soins. La E-santé a prouvé son intérêt pour améliorer le parcours de soins et réduire les inégalités dans l’accès aux soins, a- t-on conclut.
Djamila Kourta
