Une étude pharmaco -économique sur l’estimation des coûts des complications macro-vasculaires du diabète en Algérie présentée dans le cadre d’un mémoire de fin d’étude à la faculté de pharmacie d’Alger, a mis en évidence l’importance d’une stratégie de prévention pour la réduction de la morbidité et des coûts de prise en charge.
Maladies cardiovasculaires, néphropathie, neuropathie, troubles oculaires sont autant de complications associées au diabète à long terme et qui touchent une proportion importante des diabétiques. Elles constituent les principales causes d’hospitalisation, d’admission aux urgences et des décès. L’impact économique de ces complications sur le système de santé est devenu le sujet de prédilection des économistes de la santé au vu de l’augmentation de la prévalence du diabète et des complications notamment dans notre pays où le diabète touche 15% de la population.
Une problématique qui intéresse également les diplômants qui en font l’objet de projets scientifiques de mémoires de fin d’études, en plus claire, des études pharmaco -économiques qui justifient encore davantage l’importance d’une stratégie nationale de prévention afin de retarder ou de prévenir la majorité des complications par un contrôle strict de la glycémie.
C’est le cas au niveau de la faculté de Pharmacie d’Alger. Sur une série de projets de soutenance pour l’année 2022-2023, deux publications ont concerné justement la pathologie du diabète en mettant en vidence l’impact économique.
« Estimation des coûts des complications macro vasculaires du diabète » et Rétinopathie Diabétique : Estimation des coûts et intérêt médico-économique de la méthode automatique dans le dépistage précoce », deux travaux scientifiques qui illustrent parfaitement l’ampleur de ce fardeau qui pèse lourdement sur le système de santé et de la sécurité sociale.
« L’objectif de la présente étude est d’estimer les coûts relatifs à la prise en charge du diabète et de ses complications macrovasculaires chez les diabétiques de type II et de simuler leur évolution sur 5 ans et l’avantage de l’adoption d’une stratégie préventive », précise les auteurs de l’étude Yala Kamelia Zahra, Yaia Cherif Bouchra Naima, yousfi abdelatif encadrés par le Pr Amar Tbaibia chef de service d emédecine interne à l’hôpital de Birtraria, le Pr Kamel Mansouri e du labopratoire de pharmacologie à la faculté de pharmacie et Dr Oulmane Newfel, Pharmacienne- Access Focus.
Il s’agit d’une étude pharmaco-économique à la fois rétrospective et prospective multicentrique, incluant 425 patients diabétiques équilibrés ou compliqués, réalisée au niveau de 3 services hospitaliers d’Alger à savoir service de médecine interne EPH Djilali Belkhenchir et les services de réanimation médicale et de cardiologie du CHU Issad Hassani, Beni Messous.
Une dépense annuelle estimée à plus de 2,7 millions de dinars par personne au maximum
« Une collecte de données relatives aux stratégies thérapeutiques et diagnostiques adoptées et à leurs prix appliqués principalement dans le secteur privé a abouti à une estimation des dépenses annuelles liées à la gestion du diabète équilibré et des macroangiopathies associées », soulignent t-on dans l’abstract de l’étude et d’énumérer les différentes complications soit l’hypertension artérielle, l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs compensée, le pied diabétique, l’accident vasculaire cérébral et l’infarctus du myocarde.
« Une dépense annuelle estimée à plus de 2,7 millions de dinars par personne au maximum constitue le coût liés au diabète équilibré et compliqué », précise t-on . Un coût appelé à augmenter, selon les mêmes résultats de l’étude, pour atteindre en cinq ans « un maximum de 2 174 021 millions dinars chez la population diabétique nationale qui compterait environ 4 millions d’ici 2027 ». Une hausse estimée à 1 114 186 millions de dinars qui sera « dûe à la conversion du pré diabète en diabète chez la population prédisposée et pouvant être réduite de 352 604 millions de dinars par la mise en place de la stratégie préventive », a- t-on conclut.
Cette étude met en évidence, selon les auteurs, la nécessité d’investir dans la prévention, l’amélioration de l’hygiène de vie, l’harmonisation des prix du secteur privé et multiplier les études épidémiologiques nationales, pour optimiser les soins et instaurer des stratégies de prévention efficaces.
La rétinopathie diabétique est la complication microvasculaire la plus fréquente du diabète, avec une prévalence croissante, engendrant un fardeau économique considérable qui pourrait être atténué par un dépistage précoce de la maladie. Le thème d’une publication scientifique sous le thème “Estimation des coûts et intérêt médico-économique de la méthode automatique dans le dépistage précoce » .
Le dépistage précoce se présente comme une solution prometteuse pour atténuer ce fardeau économique de la rhétino diabétique qui est estimée à environ 3,5 milliards de DZD en 2023 , selon les auteurs, R.Nait Atman, A. Taibi encadrés par le pr Kamel Mansouri et Dr Newfel Oulmane . Grâce aux avancées de l’IA, de nouvelles méthodes automatisées qui ont été développées, résolvant efficacement les défis liés à l’analyse des images de l’œil lors de ce processus de dépistage, tout en réduisant les coûts associés, notent t-ils.
Djamila Kourta
