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Mme Dorothy Nyong’o

Africa Press Day/Mme Dorothy Nyong’o : «Lutter contre les cancers féminins pour renforcer les économies »

À l’ouverture de l’Africa Press Day, Mme Dorothy Nyong’o, administratrice principale de l’Africa Cancer Foundation et Première Dame du comté de Kisumu, a lancé un appel fort aux gouvernements africains pour intensifier les investissements dans la lutte contre les cancers féminins, notamment le cancer du sein et celui du col de l’utérus.

Dans son discours d’ouverture, elle a rappelé que «la vie des femmes compte» et que leur santé constitue un pilier essentiel pour les familles, les communautés et les économies africaines.

Pourtant, les inégalités d’accès aux soins restent frappantes : “en Afrique, seulement environ 50% des femmes diagnostiquées d’un cancer du sein survivent plus de cinq ans, contre plus de 90% dans les pays à revenu élevé”, a t-elle souligné.

Un coût humain et social considérable

Pour illustrer l’impact de la maladie, Dorothy Nyong’o a partagé l’histoire d’une amie proche, décédée en 2024 après près de dix ans de lutte contre un cancer du sein HER2-positif. Malgré plusieurs interventions et des traitements coûteux, souvent réalisés à l’étranger, elle n’a pas survécu.

Selon elle, ces situations mettent en lumière le poids humain, social et financier du cancer pour les familles africaines, d’autant plus que les femmes jouent un rôle central dans la stabilité des foyers et des communautés.

Priorité à la prévention et au diagnostic précoce

La responsable de l’Africa Cancer Foundation a appelé les gouvernements à renforcer le financement des politiques de lutte contre les cancers féminins, en mettant l’accent sur plusieurs priorités à savoir  la prévention et la sensibilisation aux facteurs de risque, le dépistage, le diagnostic précoce, l’amélioration des parcours de soins, et l’accès aux thérapies innovantes et aux soins palliatifs.

Elle a également souligné que les retards de diagnostic et de traitement augmentent à la fois la mortalité et les coûts pour les systèmes de santé.

Des initiatives déjà en place au Kenya

Depuis plusieurs années, des programmes de dépistage ont été déployés au Kenya grâce à un partenariat entre l’Africa Cancer Foundation, la société pharmaceutique Roche et plusieurs autorités locales., a- t-elle fait savoir.

Elle  a précisé que ces initiatives ont notamment permis la création de cliniques de dépistage «Empower», offrant des services gratuits pour le cancer du sein et du col de l’utérus. “Plus de 235 000 femmes ont déjà bénéficié de ces programmes, tandis que plusieurs milliers ont pu accéder à un traitement”, a t-elle ajouté.

Au-delà de l’enjeu sanitaire, Dorothy Nyong’o a insisté sur l’impact économique du cancer. “Entre 2017 et 2023, le seul sous-type HER2-positif du cancer du sein aurait entraîné plus de 10 milliards de dollars de pertes de productivité dans sept pays africains“, touchant principalement des femmes en âge de travailler.

Les études montrent pourtant que chaque dollar investi dans les traitements innovants contre le cancer peut générer jusqu’à 12,4 dollars de valeur économique, tandis que les interventions précoces en santé publique peuvent rapporter plus de 14 fois l’investissement initial.

«Sauver les femmes pour renforcer les économies»

En conclusion, Dorothy Nyong’o a appelé à une approche intégrée associant politiques publiques, financement, données sanitaires et accès équitable aux soins.

«Sauvez nos femmes. Renforcez nos communautés. Élevez nos économies», a-t-elle déclaré, soulignant l’urgence d’agir pour réduire le poids du cancer en Afrique.

Djamila Kourta

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