Pour réduire la consommation d’antibiotiques en médecine vétérinaire et minimiser leur impact environnemental, il est crucial d’adopter une approche globale axée sur la prévention, l’optimisation de l’usage, et la recherche de solutions alternatives.
Une problématique abordée lors de la journée scientifique organisée par le département de bactériologie à l’Institut Pasteur d’Algérie en collaboration avec le Réseau national de surveillance de la résistance aux antibiotiques.
L’environnement constitue un des maillon qui entretien la biorésistance. Comment réduire cette consommation d’antibiotiques que ce soit au niveau vétérinaire et au niveau de l’impact environnemental ?
Le Pr Meriem Benmehdi, Directrice de recherche à l’Ecole nationale des sciences vétérinaires préconise une bonne gestion des élevages pour réduire cette consommation en améliorant les règles de biosécurité, en utilisant des alternatives qui vont «permettre à l’animal de mieux se défendre, de planter son système immunitaire et de réduire à la fois la consommation d’antibiotiques et l’excrétion de bactéries multirésistantes».
Elle a expliqué que l’environnement est ce maillon qui «va être propice au brassage génétique des bactéries et au développement des gènes de résistance et à leur propagation».
D’où l’intérêt, a- t-elle souligné, de préconiser des systèmes de surveillance au niveau des stations d’épuration d’eau puisqu’elles vont être «le réceptacle des excréments, des urines qui sont chargées en bactéries ou en antibiotiques ou en gènes de résistance».
Pr Benmehdi a expliqué que cet outil de surveillance, au niveau des stations d’épurations, sera mis en place dans un but prospectif et un moyen d’alerte en terme d’antibiorésistance. «Mais c’est également un outil qui peut être très précieux pour la santé publique», a-t-elle indiqué.
Au delà des moyens traditionnels utilisés (la culture bactérienne, des antibiogrammes), Dr Benmehdi préconise également des outils de biologie moléculaire, de spectrométrie de masse, qui vont :«nous permettre de faire du screening à haute échelle et avoir des warnings qui vont nous permettre d’alerter».
Donc il s’agit aujourd’hui pour nous de mettre en place les outils nécessaires, économiques et est extrêmement pertinents avec une valeur prédictive extrêmement importante qu’il faut utiliser à bon escient : «Nous n’avons pas besoin besoin d’outils très chers, très coûteux».
Djamila Kourta
