Une étape importante vient d’être franchie à Tunis, où s’est tenue la Conférence régionale « Une seule santé » (One Health) les 14 et 15 juin. Les participants, issus de plusieurs pays de la Méditerranée orientale et d’Afrique du Nord, ont adopté la Déclaration de Carthage, un document qui établit un cadre commun pour mieux prévenir les risques sanitaires à l’échelle régionale.
Face à l’augmentation des menaces sanitaires – telles que les maladies infectieuses émergentes, la résistance aux antimicrobiens ou encore les perturbations liées au changement climatique –, les pays de la région reconnaissent la nécessité d’une approche coordonnée et transversale.
L’approche « Une seule santé » (One Health) repose sur l’idée que la santé humaine, animale et environnementale sont étroitement liées. Elle vise à favoriser la collaboration entre les différents secteurs – santé publique, médecine vétérinaire, environnement, agriculture – pour une meilleure anticipation et gestion des crises.
Une feuille de route commune
Par cette déclaration, les pays signataires s’engagent à :
- Intégrer l’approche « Une seule santé » dans leurs politiques nationales.
- Renforcer les systèmes de surveillance, de prévention et d’intervention rapide.
- Partager les données et expertises entre États.
- Investir dans la recherche, la formation et l’innovation.
- Impliquer la société civile, les médias et le secteur privé.
- Créer des organes de gouvernance coordonnés à l’échelle nationale et régionale.
Un engagement soutenu par les institutions internationales
Cette initiative régionale s’inscrit dans les recommandations des grandes agences internationales, comme l’OMS, la FAO, l’OIE ou le PNUE, qui appellent à une généralisation de l’approche One Health, notamment après la pandémie de Covid-19.
Selon les organisateurs, la Déclaration de Carthage constitue un socle politique sur lequel pourra s’appuyer l’élaboration d’un plan d’action régional, en lien avec les Objectifs de développement durable des Nations unies.
Prochaine étape : passer à l’action
Les signataires ont convenu d’élaborer une feuille de route détaillée dans les mois à venir. Celle-ci devra préciser les priorités, les mécanismes de coordination ainsi que les financements nécessaires pour concrétiser les engagements pris à Tunis.
Dans un contexte de vulnérabilités partagées, la Déclaration de Carthage marque ainsi le début d’un effort collectif pour renforcer la résilience sanitaire de la région.
Rania N.
