L’évaluation de la mise en œuvre des actions des huit axes stratégiques du plan cancer 2015-2019 de la Cour des comptes, soumis à exécution par le ministère de la santé, fait ressortir d’énormes dysfonctionnements notamment dans le mode de gouvernance avec des chevauchements institutionnels, manque de synergie de coordination, de coopération et déficiences dans le pilotage intersectoriels.
Présenté par M. Ali Barar de la cour des comptes lors des travaux des assises nationales de prévention et de lutte contre le cancer, cette évaluation a mis en avant les efforts accomplis par l’Etat d’une part en matière de moyens déployés et toutes les contraintes administratives affectant la mise en œuvre de ces actions.
Seulement 50% des objectifs sont atteints
«Seulement 50% des objectifs sont atteints sur l’ensemble des 285 mesures que compte le plan», relève M. Barar qui explique en effet, que les retards dans la lutte contre le cancer sont en grande partie dus à des «contraintes administratives, notamment les procédures longues liées aux visas du contrôleur financier, aux commissions des marchés publics, aux différentes autorisations telles que celles liées à l’importation et à la mise à disposition tardive des budgets, ce qui freine la mise en œuvre des actions prévues à cela s’ajoute l’interprétation différente des textes règlementaires», a souligné M. Berar.
Défaillances de la planification budgétaire
Des défaillances de la planification budgétaire ont été également relevé avec une coexistence paradoxale d’un « manque de moyens exprimé par les services et structures hospitalières (au niveau micro) et de ressources financières disponibles et sous-utilisées au niveau macro », a- t-il signalé.
Le rapport fait également état de prévisions budgétaires «inadéquates» ne permettent pas d’anticiper correctement les besoins réels des structures de santé, créant des déséquilibres entre les allocations et les nécessités opérationnelles.
Mauvaise maitrise de la prévision et des processus administratifs
«Cette situation découle principalement d’une mauvaise maitrise de la prévision et des processus administratifs et réglementaires budgétaires, ainsi que d’un manque de fluidité dans la gestion des ressources», a expliqué M.Barar.
Pour une restructuration organisationnelle
l’axe stratégique le plus important dans le plan cancer est le dépistage des cancers prévalents, à savoir, le cancer du sein, de la prostate, du col de l’utérus et le cancer colorectal dont un programme a été établi mais non abouti. Les autres axes ont été également abordés tels que le diagnostic, les registres nationaux, la formation, la recherche et les infrastructures.
Le rapport de la cour des comptes recommande ainsi la nécessité d’une meilleure coordination et utilisation efficiente des ressources, une restructuration organisationnelle et optimisation budgétaire et logistique pour une amélioration effective de la lutte contre le cancer.
Djamila Kourta
