Dans le cadre du suivi régulier de la mise en œuvre du « Plan d’action du patient », le ministre de la Santé, Abdelhak Saihi, a présidé une réunion d’évaluation. L’objectif : dresser un état des lieux des réformes engagées dans les établissements de santé publics, relancer les chantiers prioritaires (urgences, prévention, médicaments, pôles de santé) et mobiliser les acteurs autour d’une amélioration concrète de la qualité des soins, indique un communiqué du Ministère de la santé
Dès l’ouverture de la réunion, qui a rassemblé les directeurs généraux des établissements de santé sous tutelle ainsi que des cadres de l’administration centrale, le ministre a salué les efforts des établissements de santé, mettant en lumière les résultats positifs enregistrés dans plusieurs domaines.
Toutefois, il a rappelé la nécessité de poursuivre le travail collectif de manière plus soutenue, en vue d’atteindre les objectifs du Plan : une offre de soins de qualité, adaptée aux attentes des patients.
Renforcer la prévention et l’organisation des soins
Le ministre a émis plusieurs instructions, à commencer par le renforcement des services d’épidémiologie et de médecine préventive (SEMEP), qu’il qualifie de « pierre angulaire » de la santé publique.
Il a également insisté sur l’importance d’une meilleure coordination entre la direction générale de la prévention et les établissements sanitaires, afin d’instaurer une dynamique de terrain qui prenne en compte les spécificités régionales et les défis locaux.
Assurer la disponibilité des médicaments
Abdelhak Saihi a mis l’accent sur l’impératif de disponibilité permanente des médicaments dans toutes les structures sanitaires. Il a appelé à un travail proactif pour anticiper toute rupture éventuelle d’approvisionnement.
Dans cette optique, il a ordonné une coordination renforcée entre l’Institut Pasteur et la Pharmacie centrale des hôpitaux, avec l’instauration d’un système de veille sanitaire conjoint, en particulier dans les zones frontalières, potentiellement plus exposées aux épidémies.
Réformer en profondeur les urgences médicales
Même si des améliorations ont été constatées dans les services d’urgences, le ministre estime que le rythme des réformes reste insuffisant. Il appelle à accélérer leur transformation, en leur accordant une autonomie de gestion, en clarifiant les conditions de fonctionnement, en favorisant la coordination avec les autres services et en leur allouant un budget dédié pour rehausser la qualité des prestations.
Sang : vers une culture du don volontaire
Le ministre a interpellé la directrice générale de l’Agence nationale du sang, l’invitant à intensifier les campagnes de sensibilisation pour ancrer la culture du don de sang volontaire et garantir ainsi la disponibilité de cette ressource vitale.
Développer les pôles de santé
La réunion a aussi été l’occasion d’aborder la question des pôles de santé, essentiels au développement du système de soins. Le ministre a plaidé pour leur soutien renforcé, à travers des programmes de jumelage, des opérations de parrainage, une cartographie préliminaire de leur implantation, et une meilleure dotation en personnel médical et paramédical.
Dans cette perspective, il a ordonné l’organisation de rencontres nationales réunissant toutes les structures concernées, centrées sur le développement des pôles de santé et la maintenance des équipements médicaux.
Former et écouter les professionnels de santé
Autre axe majeur : la formation continue. Le ministre a insisté sur la nécessité d’intensifier les sessions de formation du personnel paramédical et d’élaborer un programme annuel en fonction des besoins identifiés par les établissements.
Il a également souligné l’importance de l’écoute des professionnels, en appelant à la création de cellules d’écoute permanentes. Ces structures auront pour mission de recueillir les préoccupations professionnelles et sociales des travailleurs, tout en proposant des solutions concrètes pour améliorer leurs conditions de travail.
Une gouvernance décentralisée, loin de la bureaucratie
Enfin, M. Saihi est revenu sur la feuille de route du ministère, fondée sur la décentralisation et l’encouragement des initiatives locales dans le cadre légal en vigueur. Il a fermement dénoncé la bureaucratie qui freine, selon lui, la noble mission du secteur : servir le patient et améliorer sa prise en charge.
