Les syndicats des professionnels et travailleurs de Santé montent au créneau et exigent le « gel » de la nouvelle loi relative aux statuts particuliers des fonctionnaires appartenant au corps médical. Ils n’écartent pas la possibilité de recourir à des mesures de protestation à l’échelle nationale.
Dans un communiqué publié le 13 janvier, l’Alliance des syndicats de Santé, regroupant le Syndicat autonome des biologistes de la santé (SABSP), le Syndicat national des psychologues (SNAPSY), le Syndicat national des paramédicaux (SAP) et le Syndicat national autonome des auxiliaires médicaux en anesthésie et réanimation de la santé publique (SNAAMARSP), a condamné «fermement» et rejeté le contenu «injuste» de la nouvelle loi relative au statut particulier du corps médical.
L’Alliance souligne que ce texte ne répond pas aux promesses du Président de la République, «qui a réitéré à plusieurs reprises d’améliorer le statut des travailleurs et professionnels de santé, et de les placer au cœur des préoccupations de l’État».
Les syndicats signataires du communiqué ont exprimé leur colère, estimant que leurs sacrifices durant la pandémie de Covid-19, où les travailleurs de la santé étaient en première ligne, n’ont pas été pris en compte. Ils déplorent également l’«indifférence des autorités face à leurs propositions formulées au cours des dernières décennies pour améliorer les conditions de travail et garantir la justice sociale».
Le gel et la révision de la nouvelle loi
Dans ce sens, l’Alliance exige le « gel » de cette nouvelle loi et n’écarte pas le recours à des «mesures légales de revendications et de protestations à l’échelle nationale».
«Ces lois humiliantes et injustes doivent être gelées et révisées d’urgence, tout en maintenant l’effet rétroactif de leur application à compter du 1er janvier 2024, conformément à la décision du Président de la République», précise le communiqué.
L’Alliance a formulé cinq revendications principales : sortir le secteur de la santé du cadre de la fonction publique, conformément aux directives du Président de la République ; geler l’application des nouveaux statuts et du système de compensation ; concrétiser les accords convenus entre l’intersyndicale et les représentants du ministère de la Santé lors de la phase de dialogue ; comptabiliser et valoriser les années de service durant la pandémie de Covid-19, notamment dans le système de promotion des grades et pour les retraites ; et mettre en place une couverture maladie à 100 % pour tous les travailleurs du secteur de la santé, ainsi que le paiement des tranches restantes de la prime Covid-19.
Le SNPSP prépare des actions de protestations
Ces revendications sont communes à celles exprimées par le Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP), dont le bureau national s’est réuni ce mercredi à Alger.
Contacté par téléphone, le président du SNPSP, Dr Lyes Merabet, a indiqué que le bureau national du SNPSP compte se réunir une nouvelle fois en début de semaine prochaine pour annoncer le début de cette protestation, qui sera lancée à travers l’intersyndicale. « Le SNPSP a également convoqué une réunion extraordinaire d’ici la fin du mois en cours », a précisé Lyes Merabet.
« Nous sommes contre cette loi car elle ne reflète pas les propositions que nous avons présentées au sein de la commission mixte. Elle n’a rien à voir avec les projets que nous avons remis », a-t-il indiqué.
Par ailleurs, la confédération des syndicats autonomes (CSA), qui regroupe au moins 14 syndicats du secteur de la santé et de l’éducation, a appelé dans un communiqué rendu public le 12 janvier, à la révision complète des lois relatives aux statuts particuliers des fonctionnaires du secteur de la santé et de l’éducation. Elle a dénoncé la méthodologie avec laquelle ces textes ont été élaborés et appelé le Président de la République à intervenir.
Yamina Baïr
