La publication des textes portant sur le nouveau statut particulier des fonctionnaires appartenant au corps des praticiens médicaux de santé publique le 6 janvier 2025, a été accueillie avec une grande déception par les syndicats des praticiens de santé publique.
Contacté par téléphone, Mohamed Idir, président du Syndicat national des praticiens spécialistes de santé publique (SNPSSP), a indiqué à TDMsanteinov que ces textes ne sont pas «à la hauteur des attentes, surtout compte tenu des déclarations du président de la République en faveur d’une revalorisation des professionnels de la santé».
Mohamed Idir souligne l’absence de l’application de ces textes avec effet rétroactif, comme prévu et ordonné par le président d e la République, et déplore qu’aucun changement n’ait été apporté au statut particulier de 2009.
«Au final, ce statut particulier, malgré quelques améliorations accessoires, reste aussi démoralisant que celui de 2009 et ne peut en aucun cas contribuer à mettre fin à la saignée du corps médical, notamment des praticiens spécialistes qui quittent le secteur public pour le privé ou pour l’étranger», estime Mohamed Idir.
De son côté, Lyes Merabet, président du syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP), partage cette déception, regrettant que cela ne corresponde pas aux orientations du président de la République, qui a ordonné de «gratifier cette corporation et d’améliorer sa situation».
«C’est une déception pour nous. Nous sommes loin des propositions du syndicat national des professionnels de santé publique», a-t-il ajouté.
Dans le détail, il note le maintien du «statu quo» dans la grille des salaires, notamment en ce qui concerne les grades et la classification des spécialistes. Commentant les conditions de promotion des praticiens médicaux généralistes (le médecin dentiste, le médecin généraliste et le pharmacien généraliste), Dr Merabet estime qu’il est «grave que le fonctionnaire doit décéder dans le cadre de l’exercice de ses fonctions pour être promu automatiquement à un grade supérieur» comme mentionné, entre autres, dans l’article 8 du statut particulier qui stipule : «les praticiens médicaux généralistes de santé publique décédés dans ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions, lors des situations exceptionnelles ou crises sanitaires, bénéficient, à titre posthume, d’une promotion au grade immédiatement supérieur ou d’une bonification indiciaire». Dr Lyes Merabet a précisé que le syndicat prépare un argumentaire qui sera présenté aux autorités dont le président de la république.
Yamina Baïr
