Le Centre hospitalo-universitaire (CHU) de Batna s’impose comme un leader national et régional dans le domaine des greffes rénales. Premier au Maghreb et troisième en Afrique, le service néphrologie continue de développer des collaborations pour élargir son expertise.
Grâce à une équipe médicale jeune et dynamique, le service néphrologie du CHU de Batna a réussi à se distinguer en matière de transplantation rénale sur le plan national et régional. Au cours de la dernière décennie (2014-2015), un total de 627 greffes a été réalisé sur le territoire national, dont 213 greffes à Batna. L’équipe de ce service a également réalisé la première greffe dans l’histoire de la Mauritanie en juillet 2024, sur un couple de mauritaniens.

Ce même service est également leader en transplantation pédiatrique, avec 85 greffes réalisées sur des enfants. « Nous avons développé une méthode propre à notre équipe. Nous prenons en charge des enfants très jeunes et nous essayons d’adapter leur abdomen pour qu’ils puissent recevoir un greffon d’un donneur adulte. En général, les donneurs sont leurs parents », a expliqué Dr Soumia Maissoum, cheffe de service néphrologie au CHU Batna, lors d’une conférence au Salon Hospitalia Expo.
Pour l’instant, le service de néphrologie du CHU de Batna reste une référence en matière de greffes rénales. Il continue de faire progresser la prise en charge des patients, tout en développant des collaborations, notamment régionales, pour partager son savoir-faire. « Nous sommes classés pour la sixième fois consécutive premiers au Maghreb et troisièmes en Afrique, après l’Égypte et l’Afrique du Sud. Nous avons même reçu des demandes de collaboration avec le CHU d’Oran, deux hôpitaux militaires, dont celui de Constantine, ainsi que le CHU de Bab El Oued. Nous avons également été contactés par nos confrères de cinq pays africains, dont le Tchad, le Sénégal et le Mali, pour les aider dans la transplantation rénale», a ajouté Dr Missoum.
Développer le don cadavérique
Malgré le succès rencontré par ce service, Dr Maissoum indique que les besoins de l’Algérie en matière de transplantation sont loin d’être comblés, face à une incidence très élevée.
«Il est absolument nécessaire de développer le don cadavérique dans notre pays», a-t-elle affirmé. «C’est notre combat de tous les jours, que nous menons pour sensibiliser la population et pour améliorer l’accès à ces soins. Si nous parvenons à faire fleurir la transplantation rénale à l’échelle nationale, nous aurons tout gagné sur le plan sanitaire et économique», a-t-elle poursuivi.
Selon elle, il faut également penser aux autres insuffisances organiques qui ne sont pas greffées en Algérie, telles que l’insuffisance cardiaque, respiratoire et hépatique, dont la prise en charge à l’étranger coûte énormément à la caisse sociale.
Yamina Baïr
