L’Institut de Santé Publique (INSP) a organisé, ce mercredi, une journée d’information pour sensibiliser sur les dangers des changements climatiques sur la santé humaine et la nécessité de se préparer à faire face aux nouvelles menaces sanitaires. L’événement a réuni des professionnels de la santé, dont des épidémiologistes et des pneumologues, ainsi que des représentants des collectivités locales et de la protection civile.
Pour Dr Djouhar Hanoun, épidémiologiste à l’INSP, les défis majeurs actuels sont les maladies à transmission vectorielle, tel le paludisme et le virus West Nile.
« Les vecteurs sont des insectes comme les moustiques, les puces, etc., qui favorisent la transmission des maladies pendant les pics de température », a-t-elle expliqué.
Les changements climatiques sont également à l’origine de la pollution atmosphérique et la pollinisation, qui ont un impact sur la santé respiratoire.
D’ailleurs, les praticiens de la santé ont constaté une augmentation du nombre de cas de pathologies respiratoires et d’allergies. « Avec l’allongement des saisons polliniques et une augmentation des graines de pollen, il y a de plus en plus de personnes qui développent des allergies au pollen », explique Dr Rachida Oudjehane, épidémiologiste à l’INSP.
« Les exacerbations ont été prouvées, mais ce qui est nouveau, c’est qu’il y a de plus en plus de cas d’asthme apparaissant à des âges plus avancés, ainsi que de nouvelles allergies à des produits qu’on ne connaissait pas auparavant, ce qui témoigne de la fragilité de notre système immunitaire », a affirmé de son côté Dr Mourad Terniche, pneumo-phtisiologue à l’EPH de Rouiba.
Il explique que les premières personnes à souffrir de cette pollution sont celles à « des âges extrêmes (les personnes âgées et les enfants), ainsi que celles ayant des pathologies respiratoires telles que l’asthme et la bronchite chronique, qui vont être immédiatement exacerbées et déséquilibrées par la moindre particule dans l’air ».
Les facteurs de cette pollution sont imprévisibles, selon lui, car ils dépendent de la météo, des émissions des usines, des feux de forêt, de l’érosion des sols et des vents de sable, qui peuvent provoquer des pics de pollution. Une étude qu’il a réalisée, essentiellement à Alger, a montré que la pollution de l’air résulte de l’augmentation de la circulation automobile, avec un parc vétuste et sans système de contrôle des émissions des moteurs, notamment diesel et même essence ».
Afin de protéger sa santé de cette pollution atmosphérique, Dr Mourad Terniche recommande d’éviter de sortir pendant les pics de pollution ou de pratiquer des activités intenses, comme le footing près des autoroutes.
Il conseille également d’adopter une bonne hygiène de vie. Et pour les patients sous traitement, de consulter leur médecin traitant dès l’apparition de signes persistants pendant deux ou trois jours.
Yamina Baïr
