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Maladie d’Alzheimer : les aidants, ces accompagnateurs souvent oubliés

Maladie d’Alzheimer : les aidants, ces accompagnateurs souvent oubliés

Leur rôle est essentiel dans l’accompagnement quotidien des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, mais la charge qu’ils assument peut lourdement peser sur leur santé physique et psychologique. Le Dr Tahar Boudjemâa, médecin résident, spécialiste en psychiatrie et santé mentale au CHU de Sidi Bel-Abbès, appelle à considérer également l’aidant comme une personne ayant besoin de soins et de répit.

«Derrière chaque patient Alzheimer, il y a souvent un aidant, soignant sans avoir choisi de l’être», souligne le Dr Tahar Boudjemâa. Au quotidien, ce proche accompagne, rassure, surveille, organise et assume une grande partie de la vie du malade. Un rôle indispensable, mais qui peut devenir particulièrement éprouvant au fil du temps.

L’aidant se retrouve ainsi au cœur du parcours de prise en charge, avec une responsabilité importante dans la gestion de la vie quotidienne du patient. Cette implication permanente peut toutefois générer une importante fatigue physique et psychologique, notamment lorsque l’accompagnement se prolonge dans la durée.

Une charge qui peut affecter la santé de l’aidant

Selon le spécialiste, le stress chronique, le manque de sommeil et l’isolement peuvent progressivement altérer la mémoire, l’attention et certaines capacités cognitives de l’aidant. Lorsque ces facteurs deviennent persistants, ils peuvent également affecter la concentration, l’humeur et la santé somatique.

Cette situation peut favoriser l’apparition d’un état dépressif et entraîner, à terme, un fléchissement socioprofessionnel, particulièrement lorsque les contraintes liées à l’accompagnement deviennent difficiles à concilier avec la vie personnelle et professionnelle.

Face à cette situation, le Dr Boudjemâa insiste sur la nécessité de ne pas considérer l’aidant comme un simple accompagnateur du patient. «Il faut considérer l’aidant comme une personne qui a également besoin de soins et de répit», explique-t-il.

Préserver l’aidant pour mieux accompagner le malade

Pour prévenir l’épuisement, plusieurs mesures sont essentielles, notamment préserver la qualité du sommeil, maintenir une vie sociale, accepter de déléguer certaines tâches et bénéficier régulièrement de périodes de repos.

Le spécialiste recommande également de rester attentif aux signes pouvant traduire une souffrance psychologique ou physique. Une fatigue persistante, des troubles du sommeil, une anxiété importante, une tristesse durable, une irritabilité inhabituelle ou encore l’apparition de difficultés cognitives doivent inciter l’aidant à consulter.

«Prendre soin de l’aidant, c’est aussi prendre soin du malade», rappelle le Dr Boudjemâa, soulignant ainsi l’importance d’une prise en charge qui englobe à la fois le patient et son entourage.

Lire l’interview : Dr Tahar Boudjemâa, spécialiste en psychiatrie et santé mentale : «Le diagnostic précoce permet de préserver le plus longtemps possible l’autonomie du patient»

Le spécialiste rappelle par ailleurs qu’il n’est pas possible de garantir qu’une personne ne développera jamais la maladie d’Alzheimer, certains facteurs de risque, notamment l’âge et la génétique, ne pouvant être modifiés.

Il est néanmoins possible d’agir sur une partie importante des facteurs de risque. La pratique régulière d’une activité physique, le contrôle de l’hypertension artérielle et du diabète, ainsi que l’arrêt du tabac figurent parmi les mesures à privilégier.

Une alimentation équilibrée et un sommeil de qualité sont également importants. Le maintien d’une activité intellectuelle et d’une vie sociale active participe, lui aussi, à une bonne hygiène de vie.

Pour le Dr Tahar Boudjemâa, la prévention passe ainsi par une approche globale de la santé. «Prendre soin de son cœur, c’est aussi prendre soin de son cerveau», conclut-il.

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