Le ministère de la Santé entend orienter la recherche scientifique vers les priorités sanitaires nationales et renforcer son application dans les établissements de santé. La feuille de route en préparation prévoit notamment une meilleure exploitation des données de santé, le suivi des projets de recherche et le renforcement des compétences spécialisées.
Comment faire de la recherche scientifique un levier concret d’amélioration du système de santé ? C’est l’un des enjeux de la feuille de route en préparation au sein du ministère de la Santé, à travers les travaux de la Commission sectorielle de la recherche scientifique et du développement technologique.
Le ministre de la Santé, le professeur Mohamed Seddik Aït Messaoudene, a présidé, jeudi 22 octobre 2026, au siège du ministère, la première session ordinaire de cette commission. La réunion a notamment porté sur l’identification des priorités de recherche du secteur, la définition des mesures opérationnelles et les mécanismes nécessaires à leur mise en œuvre.
L’objectif affiché est de mieux aligner les travaux scientifiques sur les besoins réels du secteur de la santé et les priorités sanitaires nationales.
De la production scientifique à l’application clinique
Parmi les orientations mises en avant par le ministre figure la valorisation des résultats de la recherche scientifique et leur utilisation dans l’évolution des pratiques de santé. Il s’agit de renforcer le lien entre les travaux scientifiques, l’aide à la décision et l’amélioration de la prise en charge des patients.
Cette orientation place la pertinence des recherches et leur utilisation effective au cœur de la démarche annoncée. La recherche est ainsi présentée comme un outil d’amélioration des performances du système de santé, au-delà de la seule production de connaissances.
Les données de santé au service du pilotage de la recherche
La numérisation constitue un autre axe de cette feuille de route. Le ministre a insisté sur l’exploitation des données de santé disponibles à travers la plateforme numérique dédiée à la recherche scientifique.
Le dispositif doit permettre de renforcer la coordination entre les différents intervenants, de faciliter les échanges d’informations et d’assurer le suivi des projets de recherche, tout en évaluant leur état d’avancement.
Cette approche vise à mieux structurer le pilotage des activités scientifiques et à intégrer davantage les outils numériques dans la gouvernance de la recherche en santé.
Renforcer les compétences au sein des établissements de santé
Le développement des ressources humaines spécialisées figure également parmi les priorités évoquées. Le ministre a souligné la nécessité de renforcer la formation en recherche scientifique au sein des unités de recherche des établissements de santé.
La démarche prévoit notamment la formation d’attachés de recherche scientifique et leur intégration dans ces unités. L’enjeu est de consolider les capacités des équipes à mettre en œuvre les programmes de recherche, à en assurer le suivi et à les développer.
Une feuille de route dont les modalités restent à préciser
Au terme de cette session, le ministre a réaffirmé l’engagement de l’administration centrale à accompagner la commission et à lui fournir le soutien nécessaire à l’exécution de son programme de travail.
Si les grandes orientations se dessinent autour des priorités sanitaires, du numérique et des compétences, le communiqué du ministère ne précise pas encore le calendrier de déploiement de la feuille de route, les moyens financiers mobilisés ni les indicateurs retenus pour mesurer les résultats.
Ces éléments seront déterminants pour apprécier la traduction opérationnelle des orientations annoncées et leur capacité à rapprocher durablement la recherche scientifique des besoins du système de santé algérien.
