Longtemps entouré de préjugés et d’appréhensions, l’allaitement maternel s’impose plus que jamais comme un enjeu majeur de santé publique. Afin de démystifier cette pratique essentielle et d’offrir un accompagnement rigoureux aux familles, l’Institut national de santé publique (INSP) met à la disposition des nouvelles mères et des professionnels de santé un guide complet qui lui est dédié. L’objectif est double : promouvoir l’allaitement tout en fournissant des conseils pratiques pour déconstruire les idées reçues qui freinent encore de nombreuses femmes.
Considéré comme la meilleure alimentation pour le nourrisson, le lait maternel est au cœur d’un nouveau guide élaboré par l’Institut national de santé publique. Destiné aux jeunes mamans ainsi qu’aux équipes médicales qui les accompagnent, ce document rassemble des recommandations fondées sur les données scientifiques afin de favoriser un allaitement serein et réussi.
Un choix bénéfique pour la mère et le bébé
Le guide rappelle que l’allaitement maternel offre de multiples bénéfices pour la santé. Naturellement adapté aux besoins du nourrisson, le lait maternel apporte tous les nutriments essentiels à sa croissance tout en renforçant son système immunitaire. Il contribue également à protéger le bébé contre plusieurs infections, notamment respiratoires et digestives.
Pour la mère, l’allaitement favorise le lien affectif avec son enfant grâce au contact peau à peau et représente une solution pratique, économique et écologique. Toujours disponible et à la bonne température, il ne nécessite ni préparation, ni stérilisation de biberons, ni achat de lait infantile.
Le document souligne également que, lors de situations d’urgence ou de perturbation de l’approvisionnement en eau potable, le lait maternel demeure l’alimentation la plus sûre pour le nourrisson.
Les bonnes pratiques pour conserver le lait maternel
L’INSP consacre un chapitre aux règles de conservation du lait maternel exprimé. Il recommande de refroidir le lait fraîchement tiré avant de le mélanger avec du lait déjà réfrigéré. Pour la congélation, il est conseillé de répartir le lait en petites portions de 60 à 120 ml et de laisser un espace libre dans le récipient afin de permettre son expansion.
Le guide invite également les mères à inscrire la date et l’heure du recueil afin d’utiliser en priorité le lait le plus ancien.
Après décongélation, le lait doit être consommé dans un délai maximal de 24 heures et ne doit jamais être recongelé. Les quantités restantes après une tétée doivent être éliminées.
Pour le réchauffage, l’INSP recommande l’utilisation d’un bain-marie à l’eau tiède et déconseille le four à micro-ondes, susceptible d’altérer certains nutriments et de créer des points de chaleur pouvant brûler le nourrisson.
Déconstruire les idées reçues
Le guide répond également aux principales inquiétudes des mères. Contrairement à une croyance largement répandue, la plupart des femmes produisent naturellement une quantité de lait suffisante pour leur bébé, à condition que les tétées soient fréquentes, notamment durant les premières semaines après l’accouchement.
L’INSP rappelle aussi que le lait maternel est parfaitement adapté aux besoins nutritionnels du nourrisson et qu’il n’est pas nécessaire de suivre un régime alimentaire particulier pour augmenter la lactation. Une alimentation équilibrée et variée est généralement suffisante pour préserver la santé de la mère et maintenir une production de lait adéquate.
Un outil pour mieux accompagner les familles
À travers ce guide, l’Institut national de santé publique souhaite renforcer l’information des familles, soutenir les professionnels de santé dans leur mission d’accompagnement et encourager l’allaitement maternel, reconnu comme l’un des meilleurs investissements pour la santé de la mère et de l’enfant.
